L’Œuvre au noir de Marguerite Yourcenar

L’Œuvre au noir

Le mardi 25 mai 2004 par Sheherazade

L’histoire de Zenon Ligre, alchimiste, philosophe, médecin, se partage en deux grands chapitres : LA VIE ERRANTE et LA VIE IMMOBILE.

La Vie Errante nous fait découvrir Zenon, enfant bâtard de la soeur d’un riche négociant brugeois, bien en cour de Charles Quint. Zenon quittera les Pas-Bas pour Compostelle et le vaste monde ensuite, bien qu’ayant entrepris des études à Louvain pour la prêtrise. On le rencontre peu dans ce premier grand chapitre de sa vie ; il est surtout consacré à sa mère, à son cousin Henri-Maximilien et sa famille. Il relate aussi les divers courants religieux et sectaires de cette époque charnière entre Moyen-âge et Renaissance, où les religions catholique et réformée se disputent les esprits. Zenon a peu de sympathie pour ses semblables, il les méprise, surtout les gens du peuple qu’il considère comme prompts à être grugés par les prédicateurs ; il n’a que faire des femmes non plus : elles sont soit des filles perdues, soit de niaises paysannes, n’ayant qu’un point commun, le faire entrer dans leur lit. Sinon ce ne sont que des stupides bigotes.

La Vie Immobile ramène Zenon 35 années plus tard ; il a la nostalgie de Bruges et il revient au pays natal sous le pseudonyme de Sébastien Theus. Il est accueilli à bras ouverts par le généreux Jean Myers, son ami, dont il reprend la clientèle pauvre. Lorsque son ami meurt, Zenon hérite de ses biens dont il se dépouille au profit d’un hospice permettant de donner des soins aux plus démunis ; il bénéficie de la protection du prieur de l’hospice.

Zenon est l’auteur de plusieurs livres de médecine et d’un traité d’alchimie pour lequel on le recherche ; les Pays-Bas sont désormais sous le gouvernement despotique et sanglant de Philippe II d’Espagne ; l’Inquisition est partout, les bourreaux ont les mains pleines. Zenon va aussi découvrir, par hasard, des bacchanales dans les sous-sols de la jolie cité et devient la proie des Inquisiteurs. Le prieur ayant conseillé à Zenon de fuir pour l’Angleterre, celui-ci brûle ses écrits et tente d’échapper à ceux qui le poursuivent ; le projet ayant échoué, il doit désormais faire face à des accusations de sacrilège. L’intolérance l’a rattrapé. La mort l’attend.

Maguerite Yourcenar disait que "L’Œuvre au Noir" pouvait se résumer en deux mots : l’histoire d’un homme intelligent, persécuté et broyé par l’intolérance.

Ce livre est un pur chef d’oeuvre et je ne peux que le recommander chaudement non seulement pour la beauté de son écriture, mais par l’esprit qui s’en dégage.

"L’Œuvre au Noir" est une histoire pessimiste car l’auteur se trouvait à ce moment de sa vie dans un ésprit très pessimiste aussi sur ce qu’elle appelait "l’état du monde".

A lire absolument.


  • L’Œuvre au noir  29 avril 2008
    C’est faux c’est juste que tu ne dois pas avoir une capacité mentale, intellectuelle et morale assez élevé pour comprendre ce livre.
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  • L’Œuvre au noir  30 septembre 2007
    Ce livre n’est pas bien, je n’ai rien compris c’est vraiment nul !! Je ne vous conseille pas de le lire !!! C’est NUL
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    • L’Œuvre au noir 7 octobre 2012
      "Ce livre n’est pas bien" : êtes-vous capable d’écrire ne serait-ce qu’un paragraphe qui aurait cette profondeur et cette qualité de réflexion ? Pauvre petit humain, qui juge nul ce qu’il (ou elle) ne comprend pas. Il faut une dose d’humanisme et d’espoir hors du commun pour garder, comme Zenon, un quelconque espoir en l’Homme quand on lit de telles âneries...
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  • > L’Oeuvre au noir  25 mai 2004, par Karl-Groucho Devant

    Bonjour.

    Quand on s’autorise à parler de littérature, il est bon de respecter (un minimum) la langue française. Logique, hein ?

    Alors « l’Œuvre au noir », oui, « l’Oeuvre au noir » NON !

    Seuls les destructeurs de la langue française tentent de faire oublier la ligature « œ », comme dans œil, cœur, etc. ( !)

    Ne collaborons (je pèse mes mots) pas à cette destruction.

    Merci.


    À part ça, excellent ouvrage à lire absolument, OUI !


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    • > L’Oeuvre au noir 25 mai 2004, par Dadoo
      Vous avez tout à fait raison et je vais de ce pas tenter de corriger ma bévue technique... mais c’est vrai que cette ligature pose bien des problèmes aux ordinateurs car elle a été "oubliée" des premiers jeux de caractères...
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      • > L’Œuvre au noir 23 juillet 2004

        ... et que même que l’AFNOR, n’ayant consultée qu’elle-même, a décidé que ce signe, œ, n’avait plus lieu d’être...

        Un grand pas en avant dans la destruction du sens...


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