K de Daniel Easterman

Une uchronie qui fait froid dans le dos dans une Amérique nazie

K

Le dimanche 14 septembre 2003 par Dadoo

En 1932 Roosevelt a perdu les élections contre Charles Lindbergh, le héros de l’Atlantique associé au KKK et à l’Alliance Aryenne. Une dictature fasciste s’installe aux Etats-Unis en même temps qu’en Allemagne. Un espion britanique est envoyé à Washington pour faire en sorte que les USA n’entrent pas en guerre avec l’Allemagne.

Avec ce présupposé Daniel Easterman crée un thriller particulièrement inquiétant en montrant le côté obscur d’une Amérique dominée par le KKK et par son chef David Stephenson. Le FBI est devenu le FBIS (Federal Bureau of Internal Security) dont le chef J. Edgar Hoover aime à s’inspirer des méthodes de la Gestapo.

Le sujet parait passionnant et plein de promesses. D’ailleurs le thriller fonctionne assez bien. On est cependant obligé de regretter le recours frénétique à des stéréotypes incroyables : Stephenson est par exemple un Redneck sans aucune finesse, ce qui étonne quand on le voit dans le bureau ovale... De plus Easterman fait preuve d’un manichéisme sans bornes : les méchants sont idiots, pervers et brutaux, les noirs et les juifs sont tous de bonnes âmes résistantes, etc.

Le descriptif des camps de la mort version américaine est une autre mauvaise idée : le récit sonne faux et factice (contrairement aux oeuvres des écrivains ayant réellement vécu dans des camps) et n’apporte finalement pas grand chose à l’histoire.

Enfin la résolution du problème est finalement un peu simpliste. Si c’était si facile ce n’était peut être pas la peine d’en faire autant sans réussir auparavant...

Je regrette vraiment cette accumulation d’imperfections qui m’a un peu gâché le plaisir de lire une histoire dont j’attendais plus...


  • > K  3 octobre 2003
    Daniel Easterman est un auteur que j’apprécie dont les ouvrages "Au nom de la Bete" ou le "Testament de Judas" m’ont véritablement captivés . Je partage votre opinion en ce qui concerne "K", des stéréotypes un peu trop évidents et une fin pour le moins simpliciste . Je suis étonnée, je m’attendais à davantage de réalisme de la part d’un si grand auteur de thriller .
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    • > K 4 octobre 2003, par Dadoo
      Ca veut dire qu’il faut que je persévère et que je lui laisse une autre chance ? Pourquoi pas à l’occasion...
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