Va où ton cœur te porte de Susanna Tamaro

Va’ dove ti porta il cuore,

Va où ton cœur te porte

Le mardi 22 février 2005 par Sheherazade

Ce sont les paroles non-dites qui séparent les êtres, bien plus que l’absence. C’est sur cette réflexion qu’Olga, vieille dame malade, se met à écrire à sa petite-fille partie aux Etats-Unis après ses études secondaires. Partie sur des paroles pas aussi affectueuses que l’aurait voulu cette grand-mère tendre et possessive à la fois.

Craignant de ne plus revoir cette petite-fille qu’elle adore et désireuse de resserrer des liens distendus par l’adolescence, elle va se mettre à raconter sa propre vie. Une vie sans beaucoup d’amour, sauf la passion qu’elle éprouva pour Ernesto, médecin trop tôt disparu. Après une enfance solitaire auprès d’une mère peu affectueuse, elle accepte un mariage sans amour. Dans les lettres à la petite-fille elle évoque enfin cette passion qu’elle n’avoua qu’une seule fois, dans un moment de colère, à sa fille qui mourra de la même manière que l’homme qu’Olga aima. C’est alors qu’entrera dans la fille de sa fille. Après l’enfance tendre, l’adolescence cahotique ramènera Olga aux années difficiles avec sa propre fille, qui voulait absolument échapper à sa mère trop possessive.

En conclusion de la dernière lettre, Olga donnera à sa petite-fille le seul conseil possible, à savoir qu’il ne faut pas se jeter sans réfléchir sur les routes de la vie, mais choisir celle que notre coeur nous conseille.

Susanna Tamaro est une nièce d’Italo Svevo ; ce roman remporta un succès énorme en Italie lors de sa publication, ainsi que le très convoité "Premio Donna Citta di Roma" ; après le succès italien, le livre devint un énorme succès mondial. Il est considéré comme une référence quant à la description de l’ "adolescence désenchantée" ; en tout cas au travers de quatre générations de femmes en Italie, le lecteur a un aperçu des divers mouvements à chaque époque de l’existence : idéologies, féminisme, drogue, religion...

Personnellement, bien qu’il s’agisse d’un livre sans sensiblerie ni sentimentalisme inutile, j’ai trouvé Olga assez possessive, cette parenthèse mise à part, ce livre vaut d’être découvert car à côté de l’amour et la tendresse, il comporte pas mal d’humour aussi.