Weighed in the balance de Anne Perry

Weighed in the balance

Le samedi 24 juillet 2004 par Sheherazade

Olivier Rathbone, nouvellement nommé chevalier de la couronne pour services rendus à la justice, a accepté de défendre l’excentrique comtesse Rostova, accusée de calomnie pour avoir accusé la célèbre Princesse Gisela d’avoir assassiné son époux, Friedrich, prince en exil de l’état indépendant de Felzburg.

Le prince et la princesse défrayèrent la chronique dix ans auparavant lorsqu’il abdiqua par amour pour elle ; le prince était aussi et avant tout un ardent défenseur de l’indépendance de sa principauté face à des puissances comme la Prusse ou l’Autriche.

Rathbone fait appel à William Monk afin de réunir des preuves corroborant la thèse de la comtesse Rostova mais il s’avère rapidement que l’accusation pourrait bien se retourner contre celle-ci.

Introduit auprès des amis de Zorah Rostova, Monk les suivra jusqu’à Venise et Felzburg afin de ramener des indices, rien ne semble toutefois venir étayer la thèse de leur cliente qui refuse de se rétracter. Peut-être le crime pourrait-il être politique car de grands intérêts eussent été en jeu si le prince avait accepté un retour au pays, mais rien, absolument rien, pour confirmer l’accusation contre la princesse qui n’a pourtant pas que des amis.

Pendant ce temps, Hester Latterly est indirectement mêlée à l’affaire occupant ses deux amis, par les soins qu’elle prodigue au fils d’un baron felzbourgeois en Angleterre. Les commentaires qu’elle glâne auprès du baron et de la baronne sont transmis à ses amis cependant ces commentaires ne constituent pas non plus une preuve.

Monk et Rathbone risquent leur réputation dans cet imbroglio. C’est Hester, par sa volonté de vérité, sa ténacité et son souci du moindre détail, qui aidera l’avocat et le détective à mettre à jour une vérité bien éloignée de l’icône romantique du grand amour d’un couple mythique.

Comme dans les précédentes enquêtes, une partie du roman se situe au tribunal avec interrogatoires et contre-interrogatoires des témoins et réactions du public admis aux audiences. Le personnage récurent de l’avocat Rathbone joue ici sa réputation pour s’être aventuré à défendre une personne peu respectée par sa classe pour avoir décidé de vivre hors des conventions rigides non seulement de ladite classe mais aussi de la discrétion exigée en sa qualité de femme et pratiquement condamnée avant de paraître au tribunal. Anne Perry, toujours aussi bien documentée, décrit avec moultes détails la vie d’une cour en exil. La vie à Venise notamment est digne du magazine "Point de Vue", qui aime à détailler la futile existence des rois et reines où chaque heure est régie par un code précis, ne fut-ce qu’au point de vue vestimentaire (à vous faire devenir révolutionnaire sur le champ !).