Vocation fatale de Anne Perry

A sudden, fearful, Death

Vocation fatale

Le lundi 21 juin 2004 par Sheherazade

Le corps de Prudence Barrymore, meilleure infirmière du Royal Free Hospital à Londres, est retrouvé dans le panier à linge, morte étranglée. Miss Barrymore avait fait partie de l’équipe de Florence Nightingale en Crimée et possédait de grandes compétences médicales.

Lady Callandra Daviot demande l’aide de William Monk, bien que le chef Runcorn ait déjà envoyé ses limiers sur place. Malgré sa réticence, il ne peut s’opposer à une enquête privée ; c’est l’occasion pour lui et Monk de se disputer à nouveau violemment, l’ex-inspecteur devenu détective privé ne se privant de faire sentir à son ex-supérieur à quel point il le tient pour incompétent ! Hester Latterly qui a connu la jeune morte en Crimée se fait engager à l’hôpital dans l’espoir de découvrir des indices.

Les soupçons se portent rapidement sur Sir Stanhope, le chirurgien en chef et directeur de l’hôpital. Stanhope engage Oliver Rathbone pour sa défense et l’avocat demande à Monk de trouver des éléments prouvant l’innocence de son client. Il semblerait que Miss Barrymore l’ait fait chanter pour se faire épouser. Pendant son enquête, Monk finit par découvrir qu’au Royal Free Hospital quelqu’un pratiquait des avortements clandestins. Loin d’être aussi désintéressé qu’il n’y paraît, le docteur Stanhope semblait avoir trouvé là une occupation très lucrative.

Une grande partie de cette enquête de Monk/Latterly se passe dans un tribunal, où l’on assiste aux interrogatoires de témoins ; le meurtrier est pratiquement connu dès le milieu du récit dont l’intérêt réside à comment prouver la culpabilité de l’arrogant assassin afin qu’il ne quitte pas le tribunal libre.

Anne Perry nous offre dans ce roman une description de la vie pénible des infirmières d’hôpitaux, mal rétribuées, peu consciencieuses, en nombre trop restreint, montrant une fois encore la situation pénible des femmes des siècles passés, ou obligées de gagner leur existence sous le regard méprisant des autres, ou alors totalement dépendantes de leurs familles et de leur réputation. Dans cette aventure, William Monk a moins d’états d’âme quant à sa mémoire perdue et un rôle plus important échoit à Lady Daviot.