Vivre le deuil au jour le jour de Christophe Fauré

Vivre le deuil au jour le jour

Le mercredi 2 mars 2005 par Sheherazade

Lorsque l’on perd un être cher, on se retrouve face aux conseils et remarques de tous ; le monde soudain est rempli de gens qui, sans s’en rendre compte, vous infantilisent et pensent à votre place croyant vous consoler.

Le décès de mon époux (il y a 6 ans et c’était hier) m’ayant plongée dans un état second, j’avançais comme un zombie et autour de moi, croyant bien faire, chacun y allait de son conseil à propos du délai qu’il me faudrait pour que je me sente mieux. Or des délais, il n’y en a pas.

C’est ici que ce livre est entré en scène. On dit qu’il n’y a pas de hasard et j’en suis convaincue. J’ai découvert le livre du Dr Fauré, lorsque je ne savais plus qui ni quoi croire. Etais-je seulement "normale" puisque après 6 mois je me sentais toujours aussi mal ?

A chaque question que je me suis posée, le livre avait une réponse parce que le Dr Fauré a lui aussi perdu la personne qui lui était la plus chère. Psychiatre, il s’est spécialisé en soins palliatifs et son livre aborde réellement toutes les questions que l’on se pose.

Le livre ne parle pas du temps qui va tout améliorer - l’un des clichés les plus éculés qui soit ! parce que le temps est une donnée relative à chacun et comme l’a dit Stendhal : "le temps n’arrange rien au chagrin, on apprend seulement à vivre avec lui".

Christophe Fauré parle aussi de tous ces gens plus ou moins bien intentionnés qui gravitent autour de vous dans les moments de peine ; ceux qui veulent bien faire et qui en font trop, vous étouffant sous leur bonne volonté et leurs conseils sans cesse répétés dans le but que vous vous "forciez" à aller mieux ! Ceux qui vous font des promesses qu’ils ne peuvent tenir.

Un deuil est quelque chose de terriblement personnel, il ne faut pas en vouloir aux autres gens de ne pas comprendre s’ils ne l’ont pas vécu. Les plus importants sont les amis qui écoutent, sans plus, mais le chagrin fait souvent très peur et, c’est bien connu, nous préférons éviter la souffrance des autres, elle reflète trop nos angoisses les plus profondes.

Je recommande ce livre à tous ceux et toutes celles qui ont perdu un être cher, des réponses y figurent qui permettent d’aller de l’avant.