Victimes des autres, bourreau de soi-même de Guy Corneau

Victimes des autres, bourreau de soi-même

Le samedi 19 janvier 2008 par Sheherazade

Ce livre aurait tout aussi bien pu s’intituler « Victime de Soi, Bourreau des Autres », c’est en tous les cas ce que j’ai ressenti après avoir fermé le livre.

Je sais, je l’avais dit : je n’avais plus vraiment l’intention de lire un essai de Guy Corneau, mais ce livre traînait depuis 4 ans dans ma bibliothèque et la curiosité l’a emporté. Cette fois, je ne regrette pas cette lecture, non pas que je l’ai trouvée suprêmement intéressante, mais au moins le ton n’était-il pas aussi geignard que dans « La Guérison du Cœur ». Au moins dans ce livre-ci le ton est-il léger, avec un peu d’autodérision, des petits clins d’œil au lecteur.

Ce qui a fait - pour moi - tout l’intérêt de cet essai-ci, car il est nettement plus intéressant que le livre précédent que j’avais lu, est le fait que s’inspirant de l’archétype d’Isis et Osiris, tourmentés par Seth, il fait le parallèle avec notre manière de construire nos vies ; en ça, il est le digne disciple de C.G. Jung dont il est un adepte (moi aussi d’ailleurs). Quant à moi, je suis une grande adepte des mythes et symboles. A ce niveau-là le livre fut une surprise, car je le confesse, je ne l’avais jamais ouvert !

L’Ombre et la Lumière sont en nous, et contrairement à ce que nous pensons tous, cette notre personnalité qui est l’Ombre ; et pour que soit révélée cette Lumière qui est en nous, nous devons accepter de confronter nos démons intérieurs, ceux que nous ne voulons pas voir. L’un des moyens pour y arriver serait évidemment une thérapie, mais on peut aussi y arriver par des exercices personnels qu’il ne nomme pas « méditation » mais qui selon moi y ressemblent vachement, pour les pratiquer quotidiennement.

Bref, quand nous aurons vaincu notre personnalité (le Dragon), nous surgirons dans la Lumière et seront vraiment nous-mêmes. C’est en résumé le contenu d’un livre qui aurait pu se contenter de l’introduction, d’un chapitre et de la conclusion, car tout était dit en très peu de pages... au lieu de cela, le livre comprend 11 chapitres, que j’ai lu « en diagonale » tant j’avais une impression de répétition.

Cependant, là où je rejoins le psychologue canadien, c’est lorsqu’il fait allusion à la religion catholique, monothéiste, où des principes de perfection induisent systématiquement à la culpabilité et qui font que ses adeptes se tournent de plus en plus vers des spiritualités telles que le bouddhisme. Mr. Corneau n’aime pas non plus le terme « spiritualité » - dont il ne retient que la racine « spir » signifiant « souffle, respiration ». J’adhère à cette idée, sans rejeter cependant la parole "spiritualité" car on peut très bien, comme le dit André Comte-Sponville, concevoir la spiritualité sans dieu ; pour moi c’est cela cette "lumière" dont parle le psychologue canadien.

Heureusement, en complément à ce volume, Guy Corneau a eu l’excellente idée de faire publier en version complète la très belle légende d’Isis et Osiris qui est très poétique et qui effectivement représente parfaitement notre monde qu’il est, et je comprends parfaitement l’adhérence de Mr. Corneau à ce concept.

Et en guise de conclusion personnelle, je poursuis mes lectures du dalaï-lama qui me « parlent » nettement plus.