Vendredi ou les limbes du Pacifique de Michel Tournier

Vendredi ou les limbes du Pacifique

Le samedi 5 mars 2005 par bouquinovore

Robinson Crusoé version XXème siècle... J’avais déjà aimé le livre de Defoe (publié en 1719), j’ai adoré celui de Tournier. La situation est la même dans les deux ouvrages. Un bateau fait naufrage dans l’océan. Tout l’équipage meurt, sauf un homme, qui échoue sur une île peuplée d’une végétation tropicale et d’animaux pacifiques parce qu’ils n’ont jamais vu un homme de leur vie.

Les deux textes content les aventures de Robinson durant les 28 ans qu’il passe sur son île - l’histoire faisant notamment apparaître un autre homme, un "sauvage" : Vendredi.

On pourrait penser que ces romans sont ennuyeux, cette histoire tant de fois rabâchée, et puis pourquoi s’étaler sur des pages pour raconter la façon dont un homme s’y prend pour survivre sur une île ? Eh bien il n’en est rien.

"Vendredi ou les limbres du Pacifique" est étrangement envoûtant. L’écriture, tout d’abord, est belle. Le style très agréable. Et le texte est extrêmement riche. Il est impossible de faire le tour de toutes ses subtilités à la première lecture. Tous les thèmes sont abordés, on trouve une psychologie très poussée des personnages, des points de vue philosophiques, aussi bien que des passages purement romanesques, telle la lutte de Vendredi avec "le grand bouc".

On ne s’ennuie pas dans ces pages, et ce livre a beau être au programme de nombreux lycées, et donc catalogué comme "classique", tout juste bon à servir d’oreiller en classe, c’est tout le contraire. Et ce roman est l’un des meilleurs que j’aie lu à ce jour.


  • Vendredi ou les limbes du Pacifique  8 avril 2009, par cbnt
    Une magnifique œuvre, bouleversante, profonde et grandiose. Le style est extraordinaire, chaque phrase est ciselée avec une subtilité remarquable. La réflexion de bout en bout est très poétique, et l’étude des ressentis des personnages est très poussée. Les idées que ce roman fait partager sonnent très justes, notamment celles sur le rôle d’autrui dans les interactions humaines. Robinson commence par idéaliser cet autre qu’il recherche désespérément puis se retrouve confronté à ses propres envies dominatrices lorsqu’il rencontre Vendredi. Ce dernier finit en fait par déconstruire l’édifice personnel trop fragile de Robinson, pour mieux le reconstruire, main dans la main avec lui. Bref, c’est un de ces rares livres qui vous bouleverseront autant et changeront votre vie.
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  • > Vendredi ou les limbes du Pacifique  6 juillet 2005, par majorka
    J’ai aussi beaucoup aimé ce livre. Notamment pour la très riche réflexion, tout au long du livre (et essentiellement dans le fameux “log-book” de Robinson), sur le sens d’autrui, et l’organisation de la société avec et sans autrui. Tournier nous donne donc sa thèse philosophique, mais dans un livre qui reste une oeuvre littéraire, et donc qui n’est pas rébarbative comme peuvent l’être certains ouvrages philosophiques. Cependant, l’épisode du bouc, où Vendredi le fait « voler et chanter », en en faisant un cerf-volant puis un instrument de musique, reste assez flou pour moi. Je penche pour une interprétation sur "l’immortalité de la conscience", mais si quelqu’un avait d’autres interprétations, elles seraient les bienvenues...
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    • > Vendredi ou les limbes du Pacifique 6 août 2005, par prince joyeux
      Un livre tel que celui-ci ne devrait pas être étudié en classe de 1ère (dans la perspective de l’épreuve anticipée de Français, par exemple). Du moins, nécessite-t-il quelques notions de base de philosophie. De plus certains passages peuvent difficilement être abordés suivant une démarche scolaire, tant la vigueur du chant, la portée viscérale du message rendent l’appréciation unique, singulière, - impossible à résumer en un cours carré, avec des fiches explicatives et tout... Je pense à la scène du bouc bien sûr. Pour vous répondre, je dirais que rien n’oblige à interpréter ce moment comme vous le proposez. Se laisser porter par l’insaisissable Vendredi, "sentir" ce que Robinson nomme "éléments terrestres" qu’il oppose aux "éléments célestes", lire la spontanéité du geste de Vendredi... ce sont les pistes les plus proches. Dans ce livre, certaines pages abordent de front la réflexion philosophique, les problèmes de l’Autre etc. Mais, ce serait dommage de réduire le paragraphe final ( le plus beau selon moi, avec le soleil qui se lève sous un décor divin !) à la seule symbolique de Jupiter - enfin... évitons de divulguer trop d’informations sur la fin du livre... ce serait dommage ;)
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      • > Vendredi ou les limbes du Pacifique 20 janvier 2008
        Je pense au contraire qu’un livre tel que celui-ci mérite d’être étudié en classe de première. Selon moi chacun peut s’instruire à la lecture de ce roman . Il n’est pas nécessaire d’avoir quelques notions de philosophie pour comprendre un passage comme celui de la communion de Robinson avec le Saint Esprit, seul un esprit bien ouvert est utile, ce que beaucoup de personnes détiennent.
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      • > Vendredi ou les limbes du Pacifique par fafa 20 janvier 2008
        Je pense au contraire qu’un livre tel que celui-ci mérite d’être étudié en classe de première. Selon moi chacun peut s’instruire à la lecture de ce roman . Il n’est pas nécessaire d’avoir quelques notions de philosophie pour comprendre un passage comme celui de la communion de Robinson avec le Saint Esprit, seul un esprit bien ouvert est utile, ce que beaucoup de personnes détiennent.
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