Vacances anglaises de Joseph Connolly

Summer things

Vacances anglaises

Le dimanche 8 août 2004 par Sheherazade

Trois couples préparent des vacances, les uns nantis, les autres un peu moins et vont se livrer à de multiples chassés-croisés que n’aurait pas désavoués Feydeau.

D’abord Elisabeth et Howard Street ; elle, sophistiquée et dépensière, parlant sans cesse de se changer les idées, donc de vacances. Le mari est un peu perturbé par ces déclarations car comme elle ne fait strictement rien de ses journées, il se demande de quoi aurait-elle besoin de récupérer ! Comme il a horreur des histoires jusqu’à la lâcheté, il boit tout en gérant son entreprise immobilière du mieux qu’il peut vu ce que lui coûtent sa femme et sa fille - aussi dépensière et égocentrique que sa mère, sans oublier qu’il a une maîtresse à entretenir.

Ensuite il y a Dotty et Brian Morgan ; elle, envieuse d’Elisabeth et n’arrivant pas à accepter qu’ils soient fauchés. Lui ne pense qu’à sa collection de plaques d’égoûts et accessoirement à se suicider. Ils ont un fils, Colin, qui comme tous les ados a honte de ses parents.

Il y a encore Melody, l’amie d’Elisabeth systématiquement à la recherche de l’homme de sa vie et qui mise sans arrêt sur le mauvais numéro, la plupart du temps ils sont mariés.

Elle a une toute petite fille qu’elle laisse avec le plus grand bonheur aux soins de Dotty en mal d’enfant.

Tout le monde se retrouve dans un endroit extrêmement select, donc forcément cher, choisi par Elisabeth évidemment. Tout le monde, sauf Katie qui elle est partie à Chicago avec Howard, un employé de son père et qu’elle traite comme le dernier des derniers ... qu’il est par ailleurs.

Dans l’endroit très chic et cher, les couples précédents font la connaissance de Lulu et John : elle, exaspérée par la jalousie sans raison de son mari ; lui totalement malade de jalousie au point d’en rendre les autres aussi malades que lui. Lulu en a marre de lui et des hommes en général et se sent très attirée par Elisabeth avec qui elle s’entend à merveille.

Le jeune Colin, lui, fantasme allègrement sur Elisabeth tout en tentant de retrouver une fille de son âge mais d’un milieu nettement plus élevé.

Bref, c’est la comédie des genres, si chère à Marivaux ou Beaumarchais. Tout cela enrobé d’humour anglais fort grinçant. Le but du livre - selon la quatrième de couverture - est avant tout de nous faire rire. J’ai plutôt grincé des temps que ri à gorge déployée car le seul mot d’ordre dans cette histoire de couples légitimes ou non, c’est le cynisme intégral.


  • > Vacances anglaises  9 août 2004
    J’avoue être loin de partager ton enthousiasme Bastet. Adepte de l’humour anglais, je me suis tout naturellement précipitée sur ce livre dont la quatrième de couverture m’avait alléchée. Dès les premières pages, j’ai du décanter. En effet, la vulgarité se partage la vedette avec une cruauté sans nom. Le style de l’auteur ne m’a pas du tout séduite. Son humour est potache et plus que douteux et n’est pas représentif de l’excellent humour anglais, tel qu’il est pratiqué par David Lodge, Johnathan Coe ou P.G Wodehouse pour ne citer qu’eux.
    Répondre à ce message
    • > Vacances anglaises 9 août 2004, par bastet

      c’est vrai que Connolly ne fait pas du tout dans la délicatesse et je préfère aussi les livres de Lodge. Wodehouse j’ai lu, il y a si longtemps, que j’ai oublié et je ne connais Jonathan Coe que de nom.

      Pour la cruauté, je suis totalement d’accord avec toi, mais elle est délibérée bien sûr ; peut-être qu’en anglais, cela passait mieux ? Je ne pense pas cependant lire autre chose de cet auteur, mais j’avais vu le film, aussi le roman m’intriguait.


      Répondre à ce message