Une affaire très personnelle de Deborah Crombie

Dreaming of the bones

Une affaire très personnelle

Le dimanche 10 octobre 2004 par Sheherazade

Victoria McClellan, professeur d’université, rédige une biographie de la célèbre poétesse Lydia Brooks, retrouvée morte cinq ans auparavant ; il semble qu’elle se soit suicidée. Mais plus elle avance dans ses recherches et plus le professeur McClellan se demande s’il ne s’agissait pas plutôt d’un meurtre.

La seule personne vers qui Mrs. McClellan pense pouvoir se tourner est son ex-mari, le superintendant Duncan Kincaid. Celui-ci n’a réellement aucune envie de revoir la féministe enragée qui le quitta il y a une dizaine d’années, pour des tas de raisons à commencer par son métier de policier que Victoria trouvait peu reluisant.

Ses sentiments personnels mis à part, le policier se réveille en Kincaid, impressionné par les arguments de son ex-femme et se met à relire les documents de l’enquête concernant Lydia Brooks. Il en conclut que ladite enquête a été relativement bâclée et l’affaire classée trop rapidement.

Pendant les recherches du superintendant, Victoria est retrouvée assassinée, ce qui fait que l’enquête de Kincaid et de son amie et partenaire, Gemma James, prend un tour nettement plus personnel. Le superintendant lui-même est suspecté, ainsi que l’époux actuel de Victoria qui vient de la quitter pour l’une de ses étudiantes. De plus, Kincaid découvre que Kit, le fils de Victoria et Ian McClellan pourrait bien être le sien.

Dans cette ambiance personnelle troublée (d’autant plus que le sergent Gemma James n’apprécie guère la situation), Kincaid veut absolument faire la lumière sur le meurtre de son ex-épouse, mais également de cette affaire qui remonte à cinq ans. Mais les secrets remontent à bien plus loin que cinq années, probablement à l’époque même de la première guerre mondiale puisque la poétesse assassinée se disait membre de la famille du célèbre poète Rupert Brooks. L’assassin a bien l’intention que les secrets restent enfouis.

Les critiques émettent souvent des doutes quant aux intrigues personnelles dans une enquête policière ; souvent les premières prennent le pas sur la seconde et rendent l’histoire peu intéressante. Ce n’est jamais le cas dans les polars de Deborah Crombie ; ses personnages principaux et secondaires prennent vie, éprouvent des sentiments qui nous touchent souvent, mais jamais l’enquête ne perd de son intérêt.