Un peu d’air frais de George Orwell

L’apparition douloureuse du monde moderne

Un peu d’air frais

Le samedi 10 juillet 2004 par Dadoo

Un représentant de commerce anglais, un peu avant la deuxième guerre mondiale revient sur les 40 premières années de sa vie. Ce monologue est l’occasion pour le narrateur de faire un point et de montrer à quel point le monde a irrémédiablement changé avec le XX° siècle.

Le narrateur, issue d’une petite famille de boutiquiers d’un village de la campagne londonienne a vécu la première guerre mondiale comme une façon de se libérer de son environnement. Mais cette libération n’est pas forcément une réussite : il se retrouve commercial, payé chichement à la commission. Côté vie personnelle ce n’est pas non plus l’extase, sa femme s’est révélée en mégère près de ses sous. Certes il n’a plus non plus la silhouette de ses vingt ans mais tout de même il a encore envie de vivre un peu.

Ce bilan de la quarantaine lui permet de montrer à quel point il ne vit plus comme ses parents. Le monde difficile mais finalement sûr du XIX° a laissé la place au XX° siècle de la concurrence, de la violence et la haine de l’autre. Haine qui est montée en épingle lors des deux boucheries de 14-18 et de 39-45. Ce thème annonce un aspect important de 1984 : l’idée malheureusement d’actualité de la guerre permanente comme outil d’oppression interne.

Comme toujours Orwell nous donne à réfléchir. Ce long monologue est en plus agrémenté de nombreux passages très drôles, notamment quand le narrateur décrit le petit monde de son enfance.