Un joli petit coin pour mourir de Charles Exbrayat

Un joli petit coin pour mourir

Le jeudi 28 juin 2007 par Sheherazade

Depuis l’assassinat de sa femme, Philip Rothesay, désespéré, a perdu le goût de vivre et démissione du MI5, bien décidé à se faire retrouver par le même assassin que celui qui tua Laura. Ayant lui même tué l’un des espions les plus actifs du KGB, il sait que son collègue fera tout pour le venger, la mort de son épouse en est une preuve.

Le «  joli petit coin pour mourir  » est quelque part en Touraine où Rothesay retourne, dans cette même pension de famille où Laura et lui passèrent leur lune de miel ; on y retrouve une panoplie d’Ecossais, Gallois et Anglais, tous désireux de passer quelques jours de repos bien mérités. Parmi eux, Philip Rothesay en est persuadé, se trouve le meurtrier de sa femme et son futur bourreau. Mais qui ? Le major écossais en retraite ? la jolie veuve Galloise ? le couple d’instituteurs anglais à la retraite ? ou le couple d’Anglais mal dégrossis avec leur insupportable ado de fils ? Sans oublier un nouveau membre du personnel, un certain Malcolm McNamara, homme à tout faire, un peu simplet, qui travaille afin de réunir assez d’argent pour retourner en Ecosse.

Peu importe d’ailleurs à Rothesay qui le tuera, plus vite il rejoindra la femme aimée, mieux cela vaudra ! Mais qui sait si son attitude quasi suicidaire n’est pas aussi une manière de rendre un dernier service aux Services secrets de Sa Majesté afin de les mener à un espion-assassin que tout le monde craint dans le métier, qui est d’autant plus inquiétant que nul n’a jamais vu son visage et qui peut tout aussi bien être un homme qu’une femme.

Charles Exbrayat, dont on a fêté cette année le centenaire de la naissance, était un auteur de romans policiers à l’imagination fertile, dont une grande partie de ses romans furent également des romans d’espionnage.

La plupart des polars mettant en scène des loyaux sujets de sa Majesté britannique sont un joyeux mélange de suspense et d’humour car bien souvent les Anglais se trouvent confrontés à des Gallois, des Irlandais ou des Ecossais et leurs joutes verbales - quand ils n’en viennent pas aux poings - sont très drôles. Ou alors il confronte deux types de « peuplades » très différentes comme Anglais et Français, ou Anglais et Italiens ; le contraste des mentalités met de l’ambiance dans le roman pendant que les policiers - qui ne sont généralement pas fûtés du tout, toutes nationalités confondues - se démènent pour découvrir l’auteur du crime en question.

Exbrayat est aussi le « papa » littéraire d’Imogène McCarthery, Ecossaise à la rousse crinière, la quarantaine bien sonnée et toujours célibataire, au caractère peu facile si cet euphémisme pouvait s’appliquer à cette haridèle surexcitée, persuadée d’être investie d’une mission secrète, prête qu’elle est à mourir pour la couronne ! Humour « hénaurme » garanti ! Imogène a beaucoup de choses en commun avec une autre héroïne de polars british d’ailleurs, la fameuse Agatha Raisin de M.C. Beaton.

Le personnage d’Imogène a été porté au petit écran, avec Dominique Lavanant dans le rôle principal, l’intrigue se situant en Bretagne, on n’y retrouve pas malheureusement à l’ambiance hilarante des romans.

Il existe un Prix Charles Exbrayat, récompensant un roman policier ayant paru dans l’année ; les membres du jury sont des lecteurs des communes où l’écrivain a vécu. Ce prix est généralement attribué lors de la Fête du Livre de Saint Etienne, commune dont l’auteur était originaire.