Un deuil dangereux de Anne Perry

A dangerous mourning

Un deuil dangereux

Le samedi 26 juin 2004 par Sheherazade

Un meurtre a été commis dans l’un des quartiers les plus huppés de Londres. L’inspecteur William Monk et le sergent Evan sont chargés de l’assassinat de Lady Octavia Haskell, jeune veuve et plus jeune fille de Lord Basil Moidore.

Dès le début de l’enquête, il ne fait aucun doute pour les enquêteurs qu’il ne s’agit pas d’un acte commis par un voleur surpris en plein méfait mais plutôt d’un crime commis par une personne de la maison. Malgré ses réticences, Lord Moidore accorde que l’on questionne les habitants de la demeure, cependant il n’est plus d’accord lorsque l’on souhaite interroger son épouse et les autres membres de sa famille, tous dépendants de lui.

Pendant que John Evan se charge du personnel (les escaliers du bas : expression anglaise pour parler des gens de maison logés dans le bas de la demeure), William Monk interroge les membres de cette influente famille et se heurte à un mépris hautain, Lord Moidore n’hésitant pas à faire comprendre qu’il peut faire et défaire des carrières à sa guise.

Lorsque l’inspecteur refuse d’arrêter le majodorme, principal suspect, son supérieur Runcorn laisse exploser sa haine et sa vindicte et l’insulte à tel point que le susceptible mais honnête policier démissione ; il refuse de mener un innocent à la potence. Hester Latterly, la jeune infirmière rencontrée au cours de la précédente enquête, marque sa désapprobation à cette réaction mais leur amie commune, Lady Callandra Daviot, décide de soutenir Monk en l’aidant à créer une agence de détective privé. Ainsi Monk poursuit-il indirectement l’affaire Haskell-Moidore, pendant qu’Hester s’engage comme infirmière particulière de Lady Beatrice afin de glâner des informations.

C’est finalement William Monk qui lèvera le voile sur les sordides petits secrets de cette soi-disant si respectable famille, découvrant l’assassin de la jeune Lady Octavia, sans avoir pu cependant sauver le malheureux majordome de la potence.

Parfois, toujours trop brièvement, William Monk a quelques rares reminiscences qui lui reviennent, mais pas suffisamment pour qu’il retrouve toute la mémoire. Les brèves images de son passé lui laissent comprendre qu’il n’était apparemment pas un homme très plaisant. On suit avec intérêt son angoisse et sa détresse face au trou que représente son passé.

Comme précédemment, on ne peut s’empêcher de comparer les enquêtes Monk/Latterly à celles de la série Thomas et Charlotte Pitt, d’autant plus que la présence de Lady Callandra Daviot n’est pas sans rappeler Lady Vespasia Cumming-Gould de la série Pitt ; l’une comme l’autre sont peu soucieuses des convenances et toujours prêtes à aider quelqu’un en difficulté. Comme toujours, le contexte historique est bien connu d’ Anne Perry, qui offre d’intéressants détails sur la vie des grandes maisons et des pauvres gens du 19ème siècle.