Two Little Girls in Blue de Mary Higgins Clark

Two Little Girls in Blue

Le vendredi 18 janvier 2008 par Sheherazade

Un jeune couple nouvellement installé dans le Connecticut vient de fêter le troisième anniversaire de leurs jumelles ; la fête se poursuit chez des amis pendant que les adorables fillettes dorment sagement, surveillées par une jeune fille du voisinage. Lorsque celle-ci entend un léger bruit à l’étage, il sera trop tard ; elle est assaillie et laissée inconsciente pendant que Kathy et Kelly Frawley sont enlevées.

Commence alors le pire cauchemar de tous les parents : avoir un enfant enlevé, sans savoir ce qu’il devient, ce qu’on va demander en échange, si l’on demande quelque chose en échange.

Bien vite arrive une demande de rançon que le directeur du cabinet d’avocats du papa accepte de payer ; le jeune couple ne dispose effectivement pas de 8 millions de dollars, avec toutes leurs économies, celles de parents et d’amis, ils réunissent à peine 200.000$, alors 8 millions ! L’un des associés est particulièrement réticent à cette décision du patron, mais c’est sans appel, même si payer une rançon fait le jeu des kidnappeurs, il veut aider son employé.

La police et le FBI suivent de maigres pistes, comme celle du demi-frère de Steve Frawley, un jeune homme très peu honnête, mais est ce pour cette raison qu’il pourrait commettre un crime aussi odieux ? Ou alors un ancien détenu ou sa famille, considérant avoir été mal défendu par Margaret, avocate commise d’office.

Pendant ce temps, les petites jumelles, terrorisées sont surveillées par la complice des kidnappeurs, une femme instable qui fomente une petite surprise à ses associés dans le crime. Elle va jeter un petit grain de sable dans les rouages bien huilés de la machination de celui qui a organisé toute cette monstrueuse opération, un homme se faisant appeler « Pied Piper ».

Lorsque la rançon est payée et que Lucas, l’un des acolytes, veut ramener les enfants, il est froidement abattu par Angie, qui prend sa part de l’argent et garde l’une des jumelles, la plus fragile, la petite Kathy qui a pris froid. Elle laisse une note pour les parents disant que l’enfant est morte par accident et quitte la contrée avec elle.

Les parents sont effondrés, bien qu’heureux d’avoir retrouver l’une de leurs petites filles, comment effacer la mort de leur autre enfant ? Pourtant, lors de la cérémonie funèbre à son intention, la petite Kelly prévient sa mère que sa sœur lui parle et qu’elle voudrait aussi revenir auprès de sa maman et de son papa !

Au début, personne ne veut y croire, mais Margaret la maman sait qu’un lien télépathique très fort unit ses enfants. Une pédiatre spécialiste des relations entre jumeaux pense d’abord à un traumatisme chez la petite Kelly mais lorsque celle-ci se met à parler le fameux « language des jumeaux » que seule elle et sa sœur comprennent, et qu’elle commence à avoir des symptômes de douleur alors qu’elle est à l’abri, la pédiatre accepte la théorie de la maman comme quoi que son autre petite fille est probablement vivante.

Le FBI et la police, bien que très sceptiques, acceptent de suivre les pistes que Margaret a suivies seule, désespérée de retrouver son enfant. Le compagnon de la névropathe Angie a retrouvé sa trace également ; l’état de santé de la petite Kathy empire, et celui de sa sœur ne va pas bien non plus parallèlement au sien. Les parents ont l’impression de toucher le fond de l’abîme car la petite jumelle qui leur a été retournée semble mourir doucement comme peut-être le fait sa sœur aux prises avec une jeune femme complètement désaxée.

Beaucoup de personnages dans ce 33ème roman de la « reine du suspense USA » ; j’en retiendrai les principaux, comme les malheureux parents Frawley à la terreur desquels je peux m’indentifier, car effectivement quel n’est pas la terreur de tout parent de voir l’un de ses enfants disparaître ? Il n’y a pas pire cauchemar. L’actualité est là pour le prouver avec les abominables histoires qui se produisirent en Belgique il y a 12 ans et l’incertitude sur ce qui se passe en Angleterre.

Un autre caractère surprenant est la névropathe Angie, obsédée par l’envie d’avoir un enfant, au point de garder l’une des jumelles enlevées par ses complices mais réalisant rapidement la difficulté d’une telle responsabilité. Sa personnalité, et celle de ceux avec qui elle est liée, est réellement effrayante.

Toutefois ce qui est le plus intéressant dans ce roman, ce qui m’a le plus intéressée est la relation entre les petites filles ; c’est vrai que les relations gemellaires fascinent de plus en plus les écrivains, tout comme elles fascinent les médecins.

Dans ce nouveau polar de Mary Higgins Clark, la relation n’est pas décrite de manière aussi poétique que dans le merveilleux roman « The Thirteenth Tale » de Diane Setterfield, mais j’avoue que j’ai suivi avec intérêt la progression des relations télépathiques entre les deux petites filles.

Ce qu’il y a de bien quand on est malade, c’est qu’on peut prendre cela comme prétexte - comme les vacances - pour ne pas lire des choses très profondes. Donc, j’ai pioché dans la réserve de livres non lus pour tomber sur ce «  Two Little Girls in Blue » qui n’est pas vraiment bien écrit, ce qui a pour avantage qu’on ne doit pas trop réfléchir et qu’on peut lire très vite !

Mais le suspense est soutenu, j’ai retrouvé une partie du style de la Mary Higgins Clark de «  Where are the Children » et pour une fois, elle abandonne le mélange des chapitres à la 1ère personne et des chapitres à la 3ème personne.

La fin - comme dans tous les polars - révèlera les motifs des autres personnages. Bref, l’un des moins mauvais Mary Higgins Clark de ces dernières années.