Toi que j’aimais tant de Mary Higgins Clark

Daddy’s little girl

Toi que j’aimais tant

Le samedi 14 août 2004 par Sheherazade

Ellie Cavanaugh a 7 ans lorsqu’Andrea, sa soeur adolescente dont elle était très complice, disparaît. Ellie partageait les secrets de sa grande soeur et méritait sa confiance, mais lorsqu’Andrea est assassinée, leurs parents reprocheront à la petite fille de s’être tue. Elle portera toujours sur ses épaules le poids de : "si seulement Ellie ...".

C’est cependant grâce au témoignage de la petite fille que le séduisant fils de la riche famille Westerfield sera condamné à la prison à vie. Pour Ellie, sa culpabilité ne faisait aucun doute puisque sa soeur devait le rencontrer le soir du meurtre ; pour preuve le pendentif "AR" donné par Rob à Andrea. Celui-ci a toujours prétendu que c’était Andrea qui le "pourchassait" ; il a même jeté les soupçons sur un garçon simple d’esprit, amoureux transi de la jeune fille.

La famille Cavanaugh n’a pas résisté à ce drame ; les parents se sont séparés et la petite fille a suivi sa mère qui a sombré dans l’alcoolisme et mourra minée par l’alcool et le chagrin. Elle a perdu tout contact avec son père entretemps remarié. Vingt-deux ans après le drame, Ellie, devenue journaliste d’investigation, est horrifiée d’apprendre que Rob Westerfield demande sa libération sur parole grâce à l’argent de son père. Il se montre sous un jour des plus charmants face aux journalistes qu’il parvient presque à convaincre de son innocence.

C’est compter sans Ellie Cavanaugh ; rien ni personne ne la convaincront jamais de l’innocence de Westerfield ; elle revient donc dans son patelin pour enquêter et réunir des preuves qui éviteront la remise en liberté de l’assassin de sa soeur ; elle crée même un site internet dans ce but. A partir de cet instant, sa vie est menacée ; des personnages apparaissent comme par enchantement pour témoigner de la bonne foi de Westerfield. Aussi courageuse qu’obstinée, Ellie ne faillira pas à sa mission ; le meurtrier d’Andrea ne peut en aucun prix être libre.

Mary Higgins Clark est au roman à suspens ce que Danielle Steel est au style "romance" : un auteur qui produit des livres quasiment à la chaîne. Ils sont - à mon sens - assez inégaux et depuis quelque temps plutôt semblables : on y retrouve le thème récurent des familles détruites par un drame ; des soeurs ou des frères très attachés les uns aux autres ; le survivant du drame est toujours dévoré par un sentiment aigu de culpabilité et décide de mener sa propre enquête. Ses héroïnes principales sont souvent des journalistes en fonction ou s’arrêtant pour écrire un livre ou prendre du recul après un drame familial. Les détectives se posent rarement des questions existentielles comme Wallander ou Adamsberg ; les flics sont des "flics à l’américaine", sérieux, purs et durs, parfois bons, parfois corrompus. Les héros sont fréquemment issus de milieux favorisés et les victimes sont des personnes bonnes et simples.

Bref on ne se prend pas la tête en lisant ses livres, pas de grandes phrases avec des mots compliqués. Ceci dit, la mayonnaise prend quand même assez bien puisqu’à chaque fois que je commence à lire l’un des ses polars, je n’arrive plus à le lâcher en raison des mille et unes péripéties rencontrées par les héroïnes.