Ti-Puss de Ella Maillart

Ti-Puss

Le dimanche 6 juin 2004 par Sheherazade

Venue aux Indes pour étudier la philosophie hindoue auprès d’un swami, Ella Maillart adopte une petite chatte abandonnée, qu’elle nommera Ti-Puss.

Ella Maillart est une infatigable voyageuse ; elle ne possède rien et vit chez des amis ce qui occasionne de fréquents changements de domicile. Commence alors pour elle et la petite Ti-Puss un périple qui les mèneront de Pondichery à Benares, des Rives du Ganges aux Montagnes du Travancore, jusqqu’à Kalimpong au Tibet, en passant par les plaines du Grand Etang.

Ensemble elles traversent l’Inde de part en part dans des autobus cahotants et des trains brinquebalants. Leurs chemins croisent des gurus et d’autres personnages-amis, multiples et attachants, tels Lewis le poète, Raymond le photographe, Aubrey la musicienne et Alain le savant.

Chaque page est un tableau tendre des relations entre la voyageuse et le pays, ainsi que son animal. Voyageant toujours en troisième classe, parmi les plus pauvres et les parias, elles rencontrent une population chamarée. Le livre regorge de portraits parmi les Tamoules, les femmes brahmanes et autres voyageurs que ce petit animal surprend.

Ti-Puss est affectueuse mais indépendante et vagabonde ; de plus très jalouse et possessive. La stérilisation des chattes ne se pratiquant pas dans l’Inde des années 40, Ti-Puss aura plusieurs portées mais rejettera toujours ses petits, s’interposant entre Ella Maillart et les chatons.

En dehors de l’attachement mutuel et possessif que se portent les deux voyageuses, ce livre est un de ces bijoux qui vous laissent un sentiment de tendresse et de bonheur au coeur : la traversée de l’Inde, la façon dont Ella Maillart décrit les paysages et les contrées où elles se posent brièvement est un vrai régal ; elle les dépeint avec beaucoup de grâce. Le livre m’a permis de découvrir un pays que je ne connais pas du tout ; de plus il est un livre animalier qui ne tombe jamais dans le piège de l’anthropomorphisme. C’est un livre dont on se souvient très longtemps après l’avoir refermé et que j’avais envie de partager avec d’autres lecteurs.

Ella Maillart était moins célèbre que cette autre célèbre et infatigable voyageuse qu’était Alexandra David-Neel.

Après une brillante carrière de sportive et de cinéaste en Europe, elle se tournera vers le continent asiatique qu’elle a traversé à la recherche de ce que l’Occident ne lui apportait pas, en quête d’une initiation personnelle et spirituelle à travers le Nepal et les Indes, en observant les peuples afin de poursuivre ses études d’ethnologue. Elle ne fut jamais réellement écrivaine, considérant cette occupation comme une réelle corvée, seulement utile à lui permettre de manger.

A l’âge de 83 ans, elle traversait encore le Tibet.


  • Ti-Puss  18 janvier 2007, par maguyd
    Bonjour, Merci de votre commentaire. Ce livre m’est tombé dans les mains au marché aux puces samedi dernier. Sa lecture est un vrai bonheur et, effectivement, j’ai fait un parallèle avec Alexandra David-Neel dont j’ai lu plusieurs livres, dont les carnets de voyage. Pour en revenir à Ella Maillart, sa sensibilité est attachante et c’est impressionnant d’imaginer les conditions dans lesquelles elle a voyagé. Donc, je retourne à mon bouquin aussitôt.
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