The Vagabond Clown de Edward Marston

The Vagabond Clown

Le jeudi 2 août 2007 par Sheherazade

Tout se déroulait pourtant si bien en cet été-là : la troupe des Westfield’s Men connaissait un succès grandissant, le temps était magnifique, le public d’excellente humeur se bousculait dans la cour de l’auberge « The Queen’s Head » et riait de bon cœur aux réparties des comédiens.

Soudain en l’espace de quelques minutes, ce fut le chaos et tout s’effondra ; pendant une gigue particul ièrement drôle de Barnaby Gill, le comédien-clown de la compagnie, deux jeunes gens en état d’ébriété sautent sur la scène, se mettent à gesticuler, singer les acteurs et finalement transformer la représentation en un épouvantable pugilat, envoyant Gill dans le décor et dausant d’énormes dommages tant au matériel de la troupe qu’à celui de l’auberge. Tout cela sous les regards horrifiés de leur mécène, Lord Westfield, et ses amis.

Lorsque la bagarre s’arrête enfin, il n’y a pas que des dégâts matériels, Barnaby Gill a la jambe cassée et parmi les relations de Lord Westfield, un jeune homme est retrouvé poignardé dans le dos.

Cette fois, Nicholas Bracewell, l’habile et diplomate régisseur, ne peut tout arranger : le propriétaire de l’auberge les expulse séance tenante, Gill ne pourra se produire avant longtemps sur une scènne et leur mécène (un homme assez superficiel) est si choqué qu’il se retire dans son domaine. Il accepte toutefois, avec une certaine réticence, de retrouver « sa » troupe à Douvres.

La compagnie des Westfield’s Men n’a donc pas d’autre choix que de partir en tournée dans le Kent plus tôt que prévu. Pour le régisseur, astucieux détective-amateur, il ne fait aucun doute que la bagarre était une manœuvre de diversion destinée à camoufler le crime haineux qui a été commis. Mais avant de résoudre cette énigme, il y a plus urgent. Il faut trouver un remplaçant temporaire à Barnaby Gill immobilisé. Le choix se porte sur Gideon Musset, un clown aussi talentueux que Gill. Hélas les deux hommes se détestent cordialement, justement à cause de cette concurrence de talents.

Avoir Musset au sein de la compagnie théâtrale n’est pas non plus une mince affaire, car l’homme est totalement imprévisible, buveur, coureur de jupons invétéré et provocateur ; les bagarres le suivent comme son ombre, ce qui porterait préjudice à la compagnie si l’homme refuse de se contrôler.

Toutefois, ses performances de comédien plaident en sa faveur et sauvent la troupe, au grand déplaisir de Barnaby Gill qui malgré sa jambe cassée a décidé de partir avec ses compagnons, sans réellement se préoccuper des problèmes que cela pose.

La route de nos amis au cœur de la jolie campagne du Kent sera semée d’embûches ; Gideon Musset y perdra la vie, ce qui une fois de plus provoquera d’énormes problèmes. Les Westfield’s Men sont complètement découragés et même Nick Bracewell se demande comment les tirer de tous ces mauvais pas.

Tous leurs ennuis seraient-ils l’œuvre de la compagnie des Conway’s Men, une troupe théâtrale médiocre, dont le directeur est avare et déteste les Westfield’s Men ; mais même la pire des jalousies professionnelle peut-elle s’exprimer jusqu’au crime ?

Nicholas n’y croit pas réellement, pour lui le problème se situe bien au-delà de la seule compétition théâtrale, bien au-delà des querelles entre comédiens.

Des retrouvailles avec des vieux amis mettent un bref instant du baume sur les cœurs, jusqu’à que ce soit le directeur-comédien vedette, Lawrence Firethorn qui soit enlevé ! Bracewell part à sa recherche avec un autre membre de la troupe, mais sauveront-ils leur ami ? Rien n’est moins sûr.

Une fois encore les aventures tragi-comiques de la troupe de théâtre des Westfiel’s Men, vivant à l’époque d’Elizabeth Ière d’Angleterre, m’ont passionnée. Tout comme les comédiens de la compagnie tiennent leur public en haleine sur les planches, la plume d’Edward Marston tient le lecteur en haleine.

« The Vagabond Clown » ne contient pas un seul temps mort dans cette aventure plus dramatique qu’à l’accoutumée, sur fond de querelles religieuses. Les rebondissements se succèdent à un rythme très soutenu jusqu’au dénouement.

Tout cela dans une écriture superbe qui m’a fait agréablement oublier la pauvreté de style d’un livre précédent.