The Tale of the Lady Ochikubo de Anonyme

Ochikubo Monogatari

Le dimanche 5 septembre 2004 par Sheherazade

Dans la littérature japonaise classique, le "Conte de la Dame Ochikubo" est un monogatari, c’est à dire un conte en quatre livres, chacun constituant une courte nouvelle nullement indépendante des autres chapitres.

Ochikubo Monogatari est un conte du Japon Médiéval (10ème siècle), une version orientale de Cendrillon, du moins au point de vue de la marâtre qui s’en prend avec une cruauté sans bornes à sa trop belle et très bonne belle-fille, lui refusant même de porter son nom véritable (elle est princesse). Elle l’a rebaptisée "Ochikubo" ce qui signie "la pièce la plus basse dans une maison". Le fait que la mère de la jeune fille était elle-même princesse ajoute à la haine de la marâtre. Quant au père de la malheureuse il n’a pas grande affection non plus pour sa fille, les médisances de son épouse ayant fait leur œuvre.

La marâtre, dans sa cupidité, souhaite garder Ochikubo comme servante et brodeuse car non seulement elle est belle et bonne, mais aussi une brodeuse hors-pair.

C’est une jeune servante qui agira en qualité de bonne fée pour Ochikubo ; elle et son fiancé vont tout mettre en œuvre pour que le jeune seigneur local, riche et beau, enlève et épouse la malheureuse jeune fille qui finira par devenir Impératrice et sera même magnanime avec la marâtre devenue veuve entretemps.

Il ne m’a pas été facile de lire cette histoire car je suis peu familiarisée avec la littérature japonaise, classique ou contemporaine. Ce livre m’intriguait car les critiques le comparent aux Contes de Canterbury de Chaucer ou au Decameron de Boccaccio, en raison de ses courtes scènes tour à tour comiques ou émouvantes, empreintes de beaucoup d’érotisme et d’un langage moyenâgeux, entrecoupé des courts poèmes que s’adressent les jeunes amants.

Le plus dur aussi furent les noms des différents personnages : en dehors de la marâtre (la Kito no Kata) ou du prince (le Shosho), chaque personnage acquiert un nom nouveau selon qu’il y ait changement dans sa fonction professionnelle ou sa vie personnelle. Il faut lire le livre de manière constante, sinon le fil conducteur est vite perdu.

Ce livre fait partie de la collection littéraire du patrimoine de l’UNESCO, comme étant un exemple représentatif des oeuvres japonaises anciennes.