The Plague Maiden de Kate Ellis

The Plague Maiden

Le mardi 14 août 2007 par Sheherazade

L’automne est arrivé à Tradmouth, une saison que l’inspecteur Wesley Peterson n’apprécie pas énormément. Le jeune homme est plutôt débordé ; une lettre est arrivée au commissariat, adressée au précédent supérieur de l’inspecteur en chef Hefferman.

Cette lettre explique en l’occurrence qu’un homme a été mis en prison pour un crime qu’il n’a pas commis ; il a encourru une condamnation à vie pour le meurtre du vicaire de Tradmouth, condamnation dont il a déjà purgé douze années tout en clamant son innocence.

Si cette lettre dit la vérité, la police de Tradmouth est dans de sales draps, non seulement vis-à-vis des instances supérieures, mais il va falloir rouvrir le dossier, et faire face à la presse qui fera les gorges chaudes de l’événement dès que le soi-disant coupable et son avocat auront introduit une demande de remise de peine.

Comme si cela ne suffisait pas, une lettre anonyme est adressée à l’un des supermarchés de la chaîne Huntings, stipulant que désormais des produits contenant du poison seront ajoutés dans les rayonnages et que des morts tomberont, ce qui nuira au directeur et à sa chaîne de magasins. Au départ, les policiers pensent à un sorte de blague de mauvais goût, mais lorsqu’une vieille dame meurt des suites d’un empoisonnement au botulisme, il faut bien se rendre à l’évidence, quelqu’un veut la perte d’Huntings. Mais qui ? Nos enquêteurs commencent à interroger des employés renvoyés, qui clament évidemment leur innocence. Et les menaces continuent.

La direction de la police met la pression sur Hefferman et son équipe ; Wesley Peterson fait pas mal d’heures sup, au grand déplaisir de son épouse, en congé prénatalpout leur deuxième enfant pendant que leur petit garçon qui grandit, demande pas mal d’attentions de ses parents comme tout petit bout de près de deux ans.

Pendant que tout le commissariat se démène dans tous les sens, des archéologues, sous la direction de Neil Watson le copain de Peterson, mettent des ossements à jour. Il semblerait que le site prévu pour la construction d’une nouvelle succursale de la chaine Huntings (toujours eux !) soit une tombe massive pour les malheureuses victimes de la peste noire six cents ans auparavant. Comble de malheur, un soir, Watson qui veille sur le site où un rôdeur a été aperçu, est victime d’une agression le laissant sérieusement blessé. Du coup, Pamela, l’épouse de Peterson ne trouve rien de mieux que de l’inviter chez eux pour sa convalescence !

Et enfin, car ce n’est pas tout, parmi les squelettes mis à jour des victimes de la peste, un squelette n’est réellement pas d’époque ; il s’agit de celui d’une jeune fille ayant disparu de Tradmouth à l’époque du meurtre du révérend. De là à conclure que les deux crimes sont mêlés, il n’y a qu’un pas.

Quelle que soit la direction que prennent les multiples enquêtes, tout ramène les policiers vers Aaron Huntings, le directeur de la chaîne visée par le ou les empoisonneurs. Tout à une connexion avec lui, de près ou de loin. Bref, Wesley Peterson, son supérieur et son équipe ont les mains pleines.

Comme c’est le cas à chaque fois, le jeune inspecteur découvrira des indices grâce au journal intime du révérend assassiné, un homme qui cache un épouvantable secret. Secret qui n’est pas sans rappeler ce qui s’est produit à l’époque de la peste noire dans le village, et dont l’histoire est relatée dans les carnets du révérend, mais aussi dans la thèse de fin d’année d’un étudiant en histoire.

Passionnante, c’est tout ce que je trouve d’intelligent à dire à propos de cette nouvelle enquête d’un de mes inspecteurs de police préférés. J’ai bien aimé la manière dont Kate Ellis envoie les enquêteurs dans tous les sens, pour en revenir à chaque fois vers le même point, à chaque indice découvert. Sans oublier, évidemment, les notes préliminaires en début de chapitres, qui donnent déjà certains indices au lecteur.

Evidemment, l’auteure n’a pas pu s’empêcher de faire en sorte que son inspecteur ait des problèmes personnels, ce que je regrette un peu car jusqu’à présent, j’appréciais la stabilité de son couple ; c’était une nouveauté dans la longue liste des problèmes personnels des multiples inspecteurs de police de notre connaissance. L’incursion de son copain Watson dans son domicile ne va sans mal, ensuite Neil Watson se comporte de manière plutôt ambiguë vis-à-vis de Pam, l’épouse de son copain et son ancienne petite amie, au temps de leurs études.

Quant à Mrs. Peterson soi-même, elle est de plus en plus agacée par ce métier qui absorbe à ce point son mari, qu’elle aimerait un peu plus présent. La vie d’un policier n’est jamais facile, non seulement quand on sait qu’il côtoie ce que la société a de plus laid, mais les heures ne facilitent guère la vie de famille. Sans oublier qu’après les heures de travail, les policiers sont harassés et peu enclins à décharger leur moitié des tâches ménagères, même si dans le cas de Peterson il faut lui laisser qu’il fait de son mieux.

J’espère que cette petite crise domestique ne va pas s’orienter vers quelque chose de plus sérieux et définitif comme ce fut le cas chez les collègues en littérature de Wesley Peterson, un homme honnête, toujours courtois, d’une politesse exemplaire tant avec ses collègues qu’avec ses supérieurs, mais aussi les familles des victimes ou les suspects.

Les autres membres de l’équipe sont pareils à eux-mêmes : son supérieur a toujours son humour bon enfant, mais parfois d’un goût douteux ; sa collègue Ms. Tracey a enfin eu sa promotion de sergent, mais elle a toujours des problèmes existentiels ; Steve Carstairs, devenu son subordonné, a toujours son même caractère sexiste et raciste, et deux nouvelles recrues sympathiques font de leur mieux pour se faire remarquer par leur zèle professionnel.