The Murder Book de Jonathan Kellerman

The Murder Book

Le jeudi 28 avril 2005 par Sheherazade

Alex Delaware, dépassé par des problèmes personnels, reçoit au courrier un livre, avec une belle reliure en cuir sur laquelle est gravée "The Murder Book", et rempli de photos prises sur des scènes de crimes ; ceci le surprend car aucune de ces photos ne l’interpelle. Par contre, lorsqu’il montre le livre à son copain, le détective Milo Sturgis, il est évident que ce dernier sait très bien de quoi il s’agit.

L’une d’entre elles, plus particulièrement, touche Sturgis : celle du crime brutal, jamais élucidé d’une toute jeune fille, commis lorsqu’il débutait dans la police, un crime qui le hante d’ailleurs encore.

De là à conclure que c’est à Sturgis que le livre était destiné, via Alex, il n’y a qu’un pas que les deux compères vont franchir. Ils s’engagent donc sur les anciennes traces de ce meurtre particulièrement affreux commis vingt ans auparavant et dont beaucoup de voies sont des voies de garage, des dossiers ayant disparu et des témoins sont morts.

Une piste mène vers la veuve de l’ancien flic avec qui Sturgis faisait équipe à ses débuts, elle mène aussi vers des familles riches, très en vue, et de là, il est aisé de conclure que les traces ont été délibérément effacées.

Entre deux chapitres d’enquête, les deux hommes se débattent dans des problèmes personnels sérieux : Delaware et son amie de coeur sont temporairement séparés par son travail à elle, qu’elle a repris sans lui en parler ... on se demande pourquoi d’ailleurs elle aurait dû lui en parler auparavant, mais bon, passons ! Quant à Sturgis, non seulement il a un sérieux problème pondéral, il boit assez bien et il a des problèmes de communication avec son compagnon homosexuel.

Après un départ assez lent, surtout consacré aux problèmes de coeur du psychologue Delaware, également conseiller à temps partiel de la police de Los Angeles, le livre fait un saut de vingt ans en arrière avec les souvenirs du détective Milo Sturgis, jeune flic noir, homosexuel au sein d’une police très "macho" et particulièrement homophobe, se débattant avec les sautes d’humeur souvent hargneuses d’un équipier ripoux.

Ceci est le premier Jonathan Kellerman que je lis, dont Alex Delaware est le personnage fétiche, mais il s’agit de son plus récent thriller, le 16ème roman de la série. J’avoue ne pas avoir été totalement convaincue ni par le style, ni par le ton ; d’autre part on se retrouve à un moment donné avec une série de personnages satellites qui deviennent difficiles à suivre, le lecteur n’arrêtant pas de faire des sauts de puce entre les interrogatoires d’Alex et ceux de Milo.

Les enquêtes du présent qui remontent au passé sont un sujet récurrent dans les polars, ce qu’en général j’aime assez, mais ici l’auteur consacre trop de chapitres aux problèmes personnels des principaux personnages. Cependant la complicité entre Delaware et Sturgis est sympathique, le dénouement est assez inattendu, l’enquête proprement dite est intéressante.