The Hanging Valley de Peter Robinson

The Hanging Valley

Le lundi 28 février 2005 par Sheherazade

L’idyllique région du Yorkshire attire les touristes, randonneurs et autres amoureux d’une nature calme et sereine. Heureusement tous n’ont pas la malchance de cet employé aux archives tout heureux d’avoir grimpé au sommet d’un des monts les plus importants de la vallée de Swainshead et tomber sur un cadavre en décomposition après s’être arrêté pour jouir de la vue superbe qui s’étale à ses pieds.

Pas de papiers, le visage massacré, il ne reste que les dents pour identifier le mort et comme le dit l’inspecteur en chef Alan Banks, il n’y a qu’à la télévision que l’on identifie immédiatement un cadavre grâce à sa dentition, dans la réalité c’est moins évident. Exceptionnellement accomagné de son supérieur, Gristhorpe, l’inspecteur arrive à Swainshead où ils sont accueillis avec une ironie non déguisée par le tenancier du pub local ; effectivement, cinq ans auparavant un autre crime a été commis dans le village, crime qui ne fut jamais résolu ; seul le nom de la victime fut connu, mais aucune piste ne mena à son meurtrier. C’est le Superintendant qui fut chargé de l’enquête à l’époque, d’où l’ironie du bistrotier.

Les hommes réunis dans le pub se souviennent de l’affaire eux aussi et n’ont nulle envie de revivre les interrogatoires, ce qui est le cadet des soucis de Banks, bien décidé à faire la lumière sur le crime actuel, et qui sait tenter de résoudre une vieiile affaire car selon lui les deux cas sont liés.

Parmi les suspects du patelin, il y a les deux frères Collier, riches propriétaires terriers dont le passé est plutôt mystérieux ; il y a aussi le propriétaire du "Bed&Breakfast" local, un type prétentieux, brutal avec son épouse, une jeune femme timide qui semble apeurée par la présence de la police, sans oublier un ex-époux rempli d’amertume ; et tous ces gens semblent avoir un secret en commun.

C’est un reçu de restaurant enfoui au fond d’une poche de "son" cadavre qui va mettre l’inspecteur sur une piste qui le mènera jusqu’à Toronto au Canada, à la recherche d’une jeune femme liée à la première affaire, ayant disparu dans des conditions étranges à l’époque. Il y apprendra que le corps dont il recherche les tenants et les aboutissants est celui d’un professeur d’anglais, parti au Canada pour travailler mais souffrant d’un terrible mal du pays et désireux de revenir vivre à Swainshead quitte à se livrer à un chantage pour parvenir à ses fins. Bien que muni d’éléments supplémentaires à son enquête, l’inspecteur Banks n’a toujours pas de preuves suffisantes pour procéder à une arrestation ; de plus pendant son absence, le meurtrier a frappé à nouveau. Comment faire pour mettre fin à ces actes perpétrés par un être particulièrement vicieux et cruel ?

Une fois de plus, Peter Robinson nous offre un agréable moment de lecture en compagnie de son inspecteur en chef, toujours aussi sympathique et compatissant à l’égard de ses concitoyens. La description de la vallée de Swainshead est digne d’un guide touristique ; la complexité du caractère des personnages est bien tournée. J’ignore si c’est le fait que je lise énormément de polars qui fait que je commence à deviner très rapidement qui est le coupable, mais il faut dire qu’ici il s’agit réellement d’un très sale type. Il y a quelques bons moments d’humour également, notamment lorsque Banks prend l’avion pour Toronto, on sent bien que les repas servis à bord ont fortement marqué l’auteur !