Strip Jack de Ian Rankin

Strip Jack

Le lundi 17 avril 2006 par Sheherazade

Les forces de police d’Edimbourg ont décidé de frapper un grand coup contre les lieux de dépravation. Une descente de police est prévue dans une maison de passe connue. Le problème c’est que lors de ce raid, un membre influent du Parlement écossais est aussi dans cette maison close et pire que tout, la presse a été prévenue anonymement ce qui signifie une fuite dans le commissariat.

La présence de Gregor Jack, un homme respecté et apprécié de tous, dans un lieu de prostitution fait évidemment la une de tous les journaux. De plus plus de traces de l’épouse dudit parlementaire. Et ce qui commence comme un mauvais vaudeville va hélas bien vite tourner au drame lorsque l’on retrouve le cadavre de la superbe Mrs. Jack, frappée à mort, dans la rivière. Le scandale n’est pas terminé, Elizabeth Jack, fille d’un lord richissime ayant plein de relations en haut lieu, menait une vie de fêtes bien arrosées où la cocaïne circulait librement.

A l’inspecteur Rebus de trouver l’assassin de la jeune femme, d’autant plus que son lord de père talonne ses supérieurs qui aimeraient que l’affaire soit rapidement classée au risque de mettre un innocent en prison. Elizabeth Jack n’est pas la seule jeune femme retrouvée frappée à mort dans une rivière et comme un ivrogne se vante d’être responsable de ce crime, les supérieurs de Rebus ont vite fait de le charger des deux meurtres. Parallèlement Rebus et Holmes doivent retrouver des livres précieux, des premières éditions très coûteuses, mais comme par hasard la piste des livres et celle des relations du parlementaire se croisent.

Qui a donc en veut à ce point au parlementaire pour lui tendre un piège aussi sordide ? Les suspects sont nombreux puisque tant Elizabeth que Gregor Jack avaient un groupe de « bons » copains mais chacun sait que l’on n’est jamais trahi que par ses amis ... Faux alibis, dépositions contradictoires, liaisons dangereuses, l’inspecteur Rebus va devoir épousseter tout cela jusqu’à la découverte du coupable.

Excellent, comme d’habitude ce polar de Ian Rankin, qui nous entraîne cette fois dans les milieux huppés de la politique écossaise.

Comme la plupart des détectives que les amateurs de polars connaissent, John Rebus (comme Morse ou Wallander) a des problèmes avec la presse et ses supérieurs. Il n’est pas très populaire auprès de ses collègues car il aime travailler en solitaire, cependant il a pour adjoint le jeune et intelligent Holmes (hé oui ! un nom qui prête à plaisanteries, d’autant plus que leur chef s’appelle Watson), avec qui ses relations sont relativement aimables.

On compare parfois John Rebus à l’inspecteur Morse de Colin Dexter. Après tout, pourquoi pas : tous deux n’ont pas de vie privée et traversent une crise d’âge mur, ils passent la plupart de leur temps au pub, leurs relations féminines ne durent que très peu de temps, ils aiment la littérature, mais surtout ils sont tous deux des détectives très compétents même s’ils ne sont pas toujours très subtils dans leurs relations. Ils ont aussi en commun un goût très net pour l’alcool, ce qui leur occasionne des lendemains peu chantants avec maux de tête et estomac fragile. (Ce qui est d’ailleurs également le problème de Kurt Wallander qui ne possède cependant pas l’humour de ses "collègues" littéraires.)

Entre les deux, j’ai toutefois une préférence pour Rebus, que je trouve plus fragile, plus émouvant.