Snobbery with violence de M.C. Beaton

Un roman signé Marion Chesney

Snobbery with violence

Le samedi 5 novembre 2005 par Sheherazade

Dans la liste désormais longue des couples détectives-amateurs ou semi-amateurs, des Beresford d’Agatha Christie aux Darling, de Carolyn Hart, en passant par les Pitt et les Monk d’Anne Perry, ainsi que les Sheridan de Robin Paige, sans oublier les Dalrymple-Fletcher de Carola Dunn, les Darcy de Carrie Bebris ou les moyenâgeux Murtaugh-Swinbrook de C.L. Grace, voici deux nouveaux venus aussi sympathiques que tous les autres : l’Honorable Lady Rose Summer et le capitaine Harry Cathcart, pas encore tout à fait un couple dans cette première aventure (comme dans toutes les premières aventures des couples ci-devant nommés), mais cela ne saurait tarder dans l’esprit de leur créatrice.

Ils sont nés de la plume de Marion Chesney, très connue outre-Manche sous son véritable patronyme mais connue également - chez eux et chez nous - sous le pseudonyme de M.C. Beaton, auteure des aventures policières d’ Hamish Macbeth , jeune policier dans les Highlands et des aventures de Agatha Raisin , détective amateur et mêle tout professionnelle.

Dire que cette première enquête policière de Lady Rose et de son capitaine, aidés de leurs serviteurs respectifs, soit originale serait réellement pêcher par omission : Lady Rose Summer ressemble comme deux gouttes d’eau à Charlotte Pitt et Hester Monk d’Anne Perry ou à Kate Sheridan des Paige.

Quant au ténébreux capitaine Cathcart, il a de nombreux points communs avec les caractères de William Monk ou Thomas Pitt, ou même de Mr. Darcy de Carrie Bebris. Bref, rien de vraiment neuf.

L’histoire n’est pas non plus d’une folle originalité : une jeune lady dans l’Angleterre edwardienne ne supporte pas la vie de sa caste ni les règles dans lesquelles on l’a élevée ; elle a pris complètement à la lettre les enseignements anti-conformistes de sa gouvernante ; elle adore lire et s’ennuie profondément lors de dîners ou thés d’après-midi ; elle considère les bals pour débutantes comme un marché aux bestiaux !

Par son franc parler et son soutien aux suffragettes, sans oublier son envie forcenée de trouver un emploi, elle a fait la une des journaux. Par ailleurs son mépris pour ceux de sa classe lui a valu le surnom de « Reine des Glaces » ! depuis elle n’est plus considérée comme un parti intéressant et seule la Route des Indes semble l’échappatoire aux ragots, d’autant plus qu’elle a aussi eu le mauvais goût de rompre ses fiançailles de manière spectaculaire d’avec un peu reluisant fiancé, oubliant que dans l’Angleterre edwardienne les femmes ont toujours tort même quand elles sont dans leur droit ; le mépris des règles étant le pire des scandales.

Les manigances du fiancé furent révélées par le capitaine Harry Cathcart, beau et ténébreux jeune homme à qui la Guerre des Boers a laissé des blessures tant à l’âme qu’au physique. Ses compétences à régler dans la plus grande discrétion des affaires très déplaisantes pour les ladies lui ont fait une place dans la haute société où il croise ponctuellement Lady Summer ; ces rencontres sont peu amènes, pourtant ces deux-là, en compagnie de Daisy et Becket leurs serviteurs respectifs, vont devoir collaborer car lors d’une visite chez Lord et Lady Hedley, un meurtre a été commis et Rose ayant encore une fois fourré son nez partout, quelqu’un semble décidé à la rayer du monde des vivants.

Bref rien de vraiment neuf et même si ce petit polar à l’ambiance edwardienne m’a plu le temps de le lire car il contient l’impertinence à laquelle Chesney/Beaton nous a habitué dans ses autres romans, je préfère ses deux autres créations, à savoir Hamish Macbeth et l’hilarante Agatha Raisin.

Un petit livre de vacances, agréable divertissement, qui ne s’imprimera certes pas définitivement dans les mémoires mais qui m’a fait plaisamment passer quelques heures.