SIMON WIESENTHAL, le gardien de la mémoire

SIMON WIESENTHAL, le gardien de la mémoire

Le dimanche 2 octobre 2005 par Sheherazade

Le monde entier a rendu un dernier hommage à Simon Wiesenthal, décédé le 20 septembre dernier à l’âge de 96 ans. Rescapé des camps de la morts, la vie de Simon Wiesenthal fut une longue croisade pour traquer les criminels nazis. Marc Knobel, un historien ayant travaillé avec lui, disait : "Son moteur, c’était sa conscience, sa force intérieure et son incroyable volonté de justice".

Simon Wiesenthal clama toute sa vie que ce qu’il cherchait c’était la justice pas la vengeance, ce qui fut d’ailleurs le titre de son autobiographie parue en 1989. Il y déclarait : "Survivre est un privilège qui engendre des obligations. »

Simon Wiesenthal naquit en Ukraine au sein d’une famille juive orthodoxe ; jeune architecte en 1941, il assiste à la déportation de sa mère qui périt dans les chambres à gaz avec des dizaines d’autres membres de leur famille. Il crut que Cyla son épouse avait également été exécutée, mais elle échappa aux persécutions en prétendant être polonaise.

Le jeune homme passa quatre années dans les camps de concentration et fut finalement sauvé lorsque les Alliés libérèrent Mathausen en 1945 ; deux ans plus tard il s’installa à Vienne où il établit son centre de documentation juive destiné à rassembler des informations qui serviraient lors des tribunaux de guerre.

Malgré les jugements de Nuremberg, de nombreux criminels nazis étaient toujours en fuite et libres. Grâce à son réseau d’informations, Simon Wiesenthal localisa Adolf Eichmann, chef des affaires juives de la Gestapo et grand ordonnateur de la solution finale ; celui-ci se cachait à Buenos Aires sous un faux nom. Quelques années plus tard, Eichmann sera enlevé par un commando israélien, jugé à Jerusalem puis condamné à mort pour crimes contre l’humanité.

Les plus grandes déceptions de Simon Wiesenthal fut les échecs à la capture du chef de la Gestapo, Heinrich Muller et du docteur d’Auschwitz, le criminel Josef Mengelé qui mourut au Brésil en 1978. Wiesenthal eut également une altercation avec Bruno Kreisky, le chancelier socialiste autrichien lorsque ce dernier manifesta ses intentions d’ouvertures vers le parti d’extrême-droite autrichien afin de sauver la coalition gouvernementale.

Durant toute sa vie Simon Wiesenthal a œuvré pour que l’expérience juive reste une leçon pour l’humanité. En mai 1999, dans une interview à l’Associated Press, il déclarait : « On vit une époque de vulgarisation du terme Holocauste, mais ce qui est arrivé aux Juifs ne peut être comparé avec tous les autres crimes, chaque juif vivait sous le coup d’une condamnation à mort sans en connaître la date d’exécution. La chose la plus importante que j’aie faite est de combattre contre l’oubli et de garder le souvenir intact. »

Détails des articles sur www.nouvelobs - www.liberation et sur le site de la BBC.