Rebecca de Daphne Du Maurier

Rebecca

Le vendredi 10 mars 2006 par Sheherazade

Une jeune fille, naïve et romantique, travaille en qualité de dame de compagnie pour Mrs. Van Hopper, une Américaine des plus déplaisantes, voire même méchante. Cette femme a pour habitude de s’inscruster auprès de gens célèbres et c’est ainsi qu’elle tente de mettre le grapin sur Maxim « Max » de Winter, un veuf dont l’épouse est morte dans de mystérieuses circonstances.

L’homme est sombre, taciturne, d’un naturel peu avenant, mais la douce jeune fille met cela sur le compte de son récent veuvage et de l’agacement que provoque sa patronne. Lorsque celle-ci tombe malade, la jeune fille peut prendre un peu de temps pour elle-même ; cela va la mettre en contact direct avec le beau ténébreux. Il lui parle très peu de lui-même, sauf de son très beau domaine « Manderley ». Tout à coup, sans coup férir, voilà qu’il lui annonce qu’il est amoureux d’elle et propose le mariage à cette romantique et timide créature qui devient la « seconde Mrs. De Winter », un titre qui va bien vite devenir une malédiction.

Manderley est un domaine superbe, au pied de la mer, pour la seconde Mrs. De Winter il apparaît comme inquiétant ; tout le personnel est là pour accueillir le maître et sa nouvelle épouse, une cérémonie qui impressionne la douce jeune femme, pas du tout habituée à ce mode de vie. Elle va d’ailleurs commettre rapidement certaines gaffes pour tenter de gagner la confiance et la sympathie du personnel, qui lui rappelle toutefois avec une certtaine hauteur que c’est elle la patronne.

Son époux ne lui est pas d’une très grande aide, renfermé dans ses songes et son passé tourmenté. Mais ce qui est évident c’est que Manderley est littéralement hanté par le souvenir de Rebecca, la première Mrs. de Winter, brillante, drôle, sophistiquée, pleine de vie et d’énergie. Mrs. Danvers, la gouvernante , est particulièrement hostile à la nouvelle maîtresse de Manderley, elle l’accueille avec une froideur teintée de mépris.

Peu à peu l’ambiance sombre du domaine mine la nouvelle épouse, la peur et la suspicion s’installent en elle, Max est distant, vite agacé par cette petite souris qui n’ose déranger personne, qui se sent perdue en milieu hostile. Il est évident qu’un lourd secret pèse sur Manderley et sur Maxim ; la révélation de celui-ci changera leur vie pour toujours.

Daphné du Maurier a créé avec « Rebecca » un roman d’atmosphère, un véritable thriller qui joue sur les nerfs du lecteur comme sur ceux de la principale protagoniste, dans lequel il ne se passe quasi rien et pourtant la tension monte au fur et à mesure des chapitres.

C’est un roman relativement court mais qui laisse une ineffaçable impression lorsqu’on referme le livre ; jamais on ne voit Rebecca puisqu’elle est morte et pourtant elle est là, dans chaque pièce du domaine et même au-delà. Je n’hésite pas à parler de moments d’épouvante, surtout lorsque la gouvernante dévoile son jeu.

« Rebecca » est un grand classique de la littérature anglaise, écrit avant la deuxième guerre mondiale et tout comme « And then there were none » d’Agatha Christie, il n’a pas pris une ride. C’est un livre à lire absolument. Et aussi ne pas hésiter à voir ou revoir l’excellente version qu’en avait réalisé Alfred Hitchcock.


  • Rebecca  20 novembre 2007, par Marie
    Bonjour ; savez vous qu’il existe deux "suites" à ce merveilleux romans ? L’un : la malecdiction de Manderley (je ne me souviens plus de l’auteur, navrée) et l’autre "rebecca’s tales" de Sally Beauman . Très interessants et très bien ecris ; ils nous font revivre les etranges evènements de Manderley sous un tout autre jour. bonnes lectures !
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