Rattle his bones de Carola Dunn

Rattle his bones

Le dimanche 6 mars 2005 par Sheherazade

L’Honorable Daisy Dalrymple, journaliste free-lance et détective amateur, se trouve au Musée d’Histoire Naturelle en compagnie de son neveu et de la fille de son fiancé, l’inspecteur en chef Alec Fletcher du Yard. Après avoir interviewé les directeurs de différents départements, elle trébuche une fois encore sur un cadavre !

Inutile de dire que le fiancé en question, mais néanmoins inspecteur, est exaspéré : comment est-il donc possible que dès qu’elle se trouve quelque part, il y ait un meurtre ? Pourtant comme le dit la jeune femme : que peut-elle y faire si à chaque fois quelqu’un décide de se faire assassiner ? ce n’est tout de même pas de sa faute à elle si les cadavres s’ingénient à croiser sa route...

Celui-ci est le cadavre du Docteur Pettigrew, directeur du département de minéralogie, un homme détesté de tous en raison de son caractère agressif, ne reculant devant aucune mesquinerie pour embêter ses collègues ou le personnel du musée.

Toutes les personnes travaillant au musée sont suspectes, mais également les visiteurs, comme par exemple cet ex-grand duc de Transcarpathie dont le minuscule pays a été annexé après la révolution russe. Il est désireux de récupérer un énorme rubis offert par son grand-père à la reine Victoria. Il estime qu’il en aura un meilleur usage que l’Angleterre : il veut lever une armée pour boutter les bolcheviks de son pays .... rien que ça ! Lorsque Rudolf Maximilian réalise que le rubis exposé est un faux, il ne décolère plus. Mais le rubis de la Transcarpathie ne semble pas être la seule gemme ayant disparu. Serait-ce là la cause du meurtre de Pettigrew ?

Daisy mène sa petite enquête, tout en prenant un air ingénu devant les remontrances de son fiancé l’inspecteur en chef, mais que voulez-vous, elle n’a jamais promis de rester en dehors de l’affaire, après tout c’est elle qui a découvert le cadavre ! Et puis, soyons francs : ses petites informations personnelles et ses remarques ont déjà bien aidé l’inspecteur à démasquer des coupables, alors une fois de plus ou de moins ! Ce qui inquiète le policier, c’est qu’elle risque de continuer lorsqu’ils seront mariés, or lui il est de la vieille école : les femmes ne travaillent pas, s’occupent de la maison, bref tout le contraire de la future.

Comme toujours, la découverte du vrai coupable sera une surprise pour tous et Daisy pourra enfin terminer son article.

Amusante cette petite enquête dans le monde du musée dans les années 20, où chaque chef de département estime être plus important que celui du voisin, bref ce n’est pas parce qu’on est un scientifique que l’on est à l’abri des mesquines petites luttes intestines à propos des budgets. Par quelques petites phrases subtilement disséminées à travers le roman, Carola Dunn met aussi l’accent sur l’éducation restreinte accordée aux femmes à cette époque, les différences entre les classes sociales où épouser quelqu’un qui n’est pas de votre milieu pose un tas de problèmes.

Les personnages sont décrits de manière amusantes, l’ambiance est un peu fofolle comme l’Honorable Daisy. Un petit moment de lecture très récréatif.