Quand l’empereur était un dieu de Julie Otsuka

Quand l’empereur était un dieu

Le mercredi 20 octobre 2004 par dominique Blancho

Roman très court qui relate l’histoire peu connue des camps d’internement ouverts par le FBI à la suite de l’attaque de Pearl Harbor. Des millers d’américains d’origine japonaise furent internés de 1941 à 1945. Cela est dit avec des mots secs, glacés. Mais il s’en dégage une sérénité peu commune qui fait de ce livre un témoignage bouleversant.

Présentation de l’éditeur

Le sujet déjà ne laisse pas de surprendre (oublieux ou mal informés que nous sommes) : les camps de concentration aménagés - en toute discrétion - pendant la seconde guerre mondiale sur le territoire américain... à l’usage des citoyens d’origine japonaise. Julie Otsuka a choisi la fiction, mais avoue volontiers que l’histoire qu’elle raconte évoque de très près celle de ses grands-parents, paisibles Californiens qui n’avaient aucune raison de cacher leur ascendance japonaise, arrêtés et déportés par le F.B.I. en décembre 1941, au lendemain de l’attaque de Pearl Harbour, et qui furent maintenus derrière les barbelés, dans des conditions inimaginables, jusqu’à l’été de 1945. Rien que pour ce qu’il raconte, et que l’on sait si peu, le livre de Julie Otsuka vaudrait d’être lu. Mais le miracle est ailleurs. Le miracle, c’est qu’il nous rend témoins de cette histoire en usant de mots qu’on n’attend pas, dans un style si nu, glacé presque, si violemment débarrassé de toute émotion, de toute protestation, que le peu qu’il livre est insoutenable. Insoutenable de sérénité, on voudrait dire de poésie si le mot n’avait l’air ici à ce point incongru.