Quand j’avais cinq ans, je m’ai tué de Howard Buten

Quand j’avais cinq ans, je m’ai tué

Le samedi 13 novembre 2004 par Mario_Heimburger

J’ai découvert Howard Buten après avoir publié dans notre webzine une interview de Buffo le Clown. A l’époque, je ne savais rien de lui, et "quand j’avais cinq ans, je m’ai tué" qui sortait à ce moment en film n’évoquait rien non plus.

Aujourd’hui, plusieurs années après, j’ai lu ce petit chef d’oeuvre. Gil est un petit garçon tout à fait normal, avec ses rêves, ses petits délires, et ses sentiments en formation. A la suite d’une affaire dont nous ne saurons rien avant la fin, le voilà "admis" (pour ne pas dire enfermé) dans un établissement spécialisé pour y être soigné.

Sauf qu’on ne voit pas très bien ce qu’il y a à soigner... Au long de ces 200 pages, écrits dans un langage enfantin, on découvre les rêves de Gil en-dedans, ses amis, son école, ses parents, et son premier grand amour Jessica. L’émotion est au rendez-vous, et il est remarquable de constater à quel point des événements écrits simplements (car non compris par l’enfant) peuvent déclencher chez nous de petits frissons...

Buten, en fin psychologue, sait trouver les mots qui évoqueront pour nous un monde dont nous croyons ne rien connaître, mais que nous avons tous vécu.

Il trouve même le luxe d’y apparaître lui-même sous un autre nom, distillant au passage ses vues et opinions sur le traitement psychiatrique des enfants.

Une plongée dans un univers merveilleux (celui de l’enfance) et du cauchemar adulte qui en découle. Nous sommes tous des fous.

Un très beau livre.

Coll. Points, Ed. Seuil, 205 p., 6€