Près d’eux, la nuit sous la neige de Déborah Heissler

Près d’eux, la nuit sous la neige

Le dimanche 3 juin 2007

Voici quelques poèmes fait pour n’être pas lu comme des poèmes uniquement ; bien plutôt comme une sorte de partition, des variations sur un thème, faites pour être exécutées partiellement. Opus qui semble sans commencement ni fin, qui se livre tout entier en n’importe quelle séquence (si tant est que l’on puisse séquencer l’ouvrage) et qu’il est possible de faire varier indéfiniment.

Grâce à cet étonnant dispositif destiné à saisir le présent, le monde et le moi ont acquis une définition toute provisoire. C’est la précarité de l’échange qui ici est aussi le signe de sa fécondité - neige, fleurs et fruits - de sorte que la poésie se définisse comme cette faculté à la fois du langage et du monde à s’ouvrir à la part d’altérité qui demeurait jusqu’alors inaperçue.

Non que les êtres et les mots perdent leur identité. Ils semblent bien plutôt la retrouver dans ces petites pièces pour deux voix « développant l’espace au-delà des lignes // à la naissance du vent / par le pli dans la pierre ».

Un premier recueil tout en finesse, qu’on relira avec plaisir en attendant que paraisse, on le souhaite, une suite.