Piège pour un Homme Seul de Robert Thomas

C’est vraiment dommage, mais le crime parfait n’existe pas !

Piège pour un Homme Seul

Le mercredi 20 juin 2007 par Sheherazade

Daniel Corban, après un voyage de noces à Venise, est se repose dans les Alpes ; il se morfond en attendant le retour d’Elisabeth, sa jeune épouse, disparue depuis plus d’une semaine, deux jours après leur arrivée au chalet, après une dispute. Le commissaire qui lui rend visite reconnaît que l’enquête piétine et lui conseille de prendre patience, il pense que l’épouse recherchée réintégrera bientôt le domicile. Peu après, c’est le curé du village qui débarque et dit avoir retrouvé Elisabeth ; il la ramène car la jeune femme redoute les réactions de son mari et n’ose l’affronter seule.

Oui mais voilà, pour Daniel, celle qui prétend être Elisabeth n’est pas la vraie Elisabeth. Le jeune homme a l’impression de sombrer dans la folie, d’ailleurs son épouse insiste fortement sur ses accès de dépression.

Le commissaire ne sait plus à quel témoignage se vouer : curé, mari, épouse, qui ment, qui dit la vérité ? Daniel Corban est-il l’innocente victime d’une imposture visant à mettre la main sur un héritage ? Comment prouvera-t-il que cette jeune femme est une intrigante alors que des témoins l’ont formellement reconnue ?

«  Piège pour un homme seul » est une comédie policière en quatre actes, dont le rythme soutenu et les rebondissements tiennent le spectateur en haleine du début jusqu’à la fin.

Bien que j’aie déjà vu la pièce quatre fois et malgré le fait que je connaisse la fin, je la revois systématiquement avec autant de plaisir tant l’intrigue est formidablement bien ficelée.

Thierry Moulart est un Daniel Corban très convaincant, mais tout aussi convaincante est Ingrid Brasseur en Elisabeth, vraie ou fausse, épouse tour à tour tendre ou inquiétante. Le commissaire est Olivier Bauwelinckx et il y est formidablement drôle, qu’il soit dérouté par les témoignages contradictoires ou certain de ce qu’il avance. C’est Didier Mills qui est le curé, trop poli pour être honnête. Il faut aussi noter la sympathique apparition de Pierre Chalsège en peintre-pochetron, témoin des mariés.

La troupe du sympathique « THEATRE DE L’ESCAPADE » en fait un travail épatant sous la direction du metteur en scène Claude Enuset, qui mit notamment en scène « Autopsie d’un Meurtre » d’Agatha Christie, que j’ai eu le plaisir de voir au Théâtre des Galeries en 2002. Cleude Enuset est tout sauf un inconnu dans le monde du théâtre ; ses mises en scène se comptent par dizaines ; il a non seulement travaillé pour des compagnies professionnelles mais aussi pour les « grandes » scènes bruxelloises (Galeries, Rideau, le Grand Midi ; avec ce dernier il présenta « Candide » au Festival d’Avignon.

Il a aussi participé à la coordination/mise en scène du Pôle Est de la Zinneke Parade de 2006.

Ces informations concernant le metteur en scène Claude Enuset sont résumées du programme théâtral.

La mise en scène vaut à elle seule le déplacement. Très originale, il s’agit d’une variation subtile de noir et blanc, en passant par les gris, pour accentuer l’aspect comédie policière à la manière des années 50. Le bruitage et les musiques accompagnant la pièce accentuent encore l’époque « cinéma noir et blanc ».

« Piège pour un homme seul » est une pièce où « l’assassin est parmi nous », on soupçonne tout le monde.

Je n’ai qu’un regret, c’est le succès de la pièce, pas moyen d’y retourner une nouvelle fois et pourtant, comme j’aimerais la revoir une fois de plus !

« L’escapade » est soi-disant une troupe de comédiens amateurs ; je dis « soi-disant » car de l’amateurisme à ce niveau-là vaut tous les comédiens chevronnés du monde. Sous la direction de leur dynamique présidente Dominique, elle-même excellente comédienne, la troupe a fêté ses 20 ans d’existence, et se produit principalement à la Salle Molière, Place St-Guidon à Anderlecht. Faites leur connaissance sur : www.theatrescapade.be

« Piège pour une homme seul » a également fait l’objet de deux adaptations filmées, pour la télévision, à savoir en 1969, une adaptation originale où le rôle masculin principal devient une femme, interprétée par Janet Leigh : « Honeymoon with a Stranger ». Cette version mettait plutôt l’accent sur l’aspect thriller de la pièce.

L’autre version, plus conventionnelle, dont le scénario est plus proche de l’original, date de 1976 : « One of my wives is missing ». C’est le sympathique acteur américain Jack Klugman qui interprète l’inspecteur et Daniel Corban était interprété par James Franciscus.