Pékinois, policiers et polars de Georgette Heyer

Pékinois, policiers et polars

Le vendredi 7 mai 2004 par Sheherazade

"Un meurtre ? mais quelle horreur... et notre tournoi de bridge alors ?". Cette réflexion émise par l’un des protagonistes de ce polar "very british" annonce l’ambiance.

Décor des plus classiques : le petit village anglais, Thornden, avec presbytère, pub dans le centre, cottages fleuris, superbe propriété fermière et charmants manoirs.

Tout cela abrite des habitants tout aussi classiques : un Squire et son épouse, un clergyman un peu distrait, une mèmère à chiens-chiens horriblement gâtés (les pékinois du titre !) flanquée de son commandant en retraite de mari ; des citadins recyclés fermiers ; un auteur de romans policiers un peu étrange et très cynique ; une ravissante jeune fille ; un autre jeune homme cynique, un vieux médecin et finalement le vieux notaire du village et le nouveau, ainsi que la nièce occupée comme gouvernante non payée. Sans oublier le non moins classique "étranger au village" un jeune Polonais parano dont évidemment tout le monde se méfie.

Le notaire nouvellement installé (aussi un peu étranger au village, mais bon lui il est anglais, ça change tout !) est un sale bonhomme, détesté de tous et maître-chanteur de surcroît. Inutile de dire que lorqu’il est assassiné, il se trouve pas mal de personnes pour s’en réjouir en secret. Ou ouvertement, c’est selon le degré d’hypocrisie... Découvrir son assassin parmi les membres de la bonne société est un peu lourd pour la police locale et le sympathique inspecteur Hemingway de Scotland Yard est envoyé en renfort, assisté de l’inspecteur Harbottle (qui n’a pas trop le sens de l’humour).

Qui peut bien être le coupable : le jeune auteur, se complaisant dans les remarques blessantes, voulant à tout prix figurer en tête des suspects ? La nièce pleurnicheuse du mort et son héritière ? Plus l’enquête piétine et plus les habitants commencent à se regarder en chiens de faïence ; deux sympathiques jeunes gens en profitent pour entamer une idylle et apporter un petit coin de tendresse dans l’histoire.

Ce petit polar est un pur régal d’humour anglais ; la description des personnages et leurs comportements est savoureuse à souhait. On sourit beaucoup et l’on rit souvent.