Peinture à l’huile et au vinaigre de Jean-Louis Fournier

Les grands peintres et leurs mauvais élèves

Peinture à l’huile et au vinaigre

Le samedi 13 août 2005 par Sheherazade

Parler peinture n’est jamais aisé ; décrire les grands maîtres et leurs toiles, donner son opinion sur une peinture est risqué, chaque critique le sait bien. On prend l’air sérieux de « celui qui sait », le vulgus pecus osant à peine donner son opinion surtout s’il n’a pas fait d’études d’Histoire de l’Art (oui, avec des majuscules !).

Jean-Louis Fournier ne s’embarrasse nullement de tous ces détails ; lui il a envie de parler peinture et tant pis pour le sérieux, pour les penseurs graves et didactiques. Foin des habituels chuchotements d’un air entendu, foin de mots compliqués destinés à désorienter le malheureux amateur de belles choses, qui ne sait pas trop comment exprimer son opinion autrement que « Moi j’aime bien » ! Vous parlez d’une opinion artistique !

Pourtant c’est Jackson Pollock qui disait : « Pourquoi faut-il nécessairement expliquer un tableau ? Lorsqu’on regarde un champ de fleurs, on regarde et on apprécie, c’est tout. Pour la peinture c’est pareil ! » Même si je n’apprécie que modérément l’oeuvre de Pollock, rien que pour cette phrase, je l’aime.

C’est dire si j’ai adoré le livre de Fournier, qui nous avait déjà offert « la Grammaire Française et Impertinente » et « l’Arithmétique appliquée et Impertinente », deux ouvrages éminemment didactiques, haut en drôlerie et insolence, qu’il faut absolument avoir dans sa bibliothèque.

Cette «  Peinture à l’huile et au vinaigre » est tout aussi incontournable pour l’amateur d’art ; pas de termes pompeux, pas de respect exagéré, donc inutile, face à des oeuvres certes belles, mais qui ne doivent pas pour cela susciter un engouement béat. De Vinci à Degas , en passant par Rembrandt (dont on fêtera le 400ème anniversaire de sa naissance en 2006) , sans oublier Ensor, Goya, Modigliani, Klimt, Gauguin, Monet, Raphaël, bref tout le gang des manieurs de pinceaux, Jean-Louis Fournier nous offre une sympathique vision différente des tableaux de maître vus par les mauvais élèves . Chaque série de tableaux réalisés par les cancres est répertoriée sous un même thème.

Cependant ne croyez pas qu’il ne s’agisse ici que seulement d’un bouquin de potache, non c’est aussi un livre qui donne de courtes fiches, sérieuses (enfin presque) sur le peintre célèbre qui est copié par des élèves moins doués que lui. A lire quand on a le sens de l’humour.