Our Lady Of Darkness de Peter Tremayne

Dans quel guêpier s’est fourré Eadulf le Saxon ?

Our Lady Of Darkness

Le lundi 13 août 2007 par Sheherazade

De retour d’un pèlerinage sur le tombeau de St-Jacques en Espagne, Sœur Fidelma n’a guère eu le temps de se reposer. Son frère, le Haut Roi des cinq royaumes d’Eire, l’envoie en Lainster car le frère Eadulf, émissaire de l’évêque de Canterbury et ami du roi, est accusé du viol et du meurtre d’une jeune novice ; il est sur le point d’être pendu.

Il incombe donc à Fidelma de Cashel, religieuse, princesse et avocate, de faire la preuve de l’innocence de son ami.

Il est évident que pour elle l’innocence du moine saxon ne fait aucun doute, mais elle retrouve en face d’elle deux anciens adversaires, trop heureux de pouvoir la contrer. Deux adversaires puissants et vindicatifs, qu’elle mit dans leur tort au cours d’une précédente enquête et qui n’ont pas l’intention de la laisser faire. Ils oublient un peu trop rapidement que Fidelma ne s’en laisse pas facilement conter, qu’elle est sœur de roi, qu’elle possède le savoir de son rang, à savoir celui tout juste sous celui de grand juge à la cour. Bref le roi de Laigin (Lainster) et le brehon (juge) Forbassach vont trouver à qui parler.

Non seulement Fidelma doit faire face à ses deux némésis, mais elle doit aussi affronter la nouvelle supérieure du couvent dont la novice assassinée faisait partie. Cette nouvelle abbesse fait partie d’une nouvelle branche de l’église de Rome : les Pénitents, une secte acceptée par l’église, prônant la pénitence publique, le salut par le respect strict des règles de l’église et les âmes refusant ces règles sont sévèrement châtiés. Dans le cas d’Eadulf, en fonction de ces lois, la seule sentence possible est la mort. Pas question de charité chrétienne pour les Pénitents.

Une autre novice qui fut soi-disant témoin de l’acte sordide dont est accusé le moine a disparu, mais pour l’avocate une jeune femme, presque une enfant, morte de peur dans le noir, n’est pas exactement un témoin digne de foi. Le problème de toute façon est que ce témoin-là a disparu et d’autres témoins sont morts.

C’est donc une véritable course contre la montre dans laquelle Fidelma s’engage ; elle a fait appel au juge supérieur, mais aura-t-il le temps d’arriver ? Entretemps Eadulf ayant fui sa prison grâce à l’aide d’un vieil abbé, la jeune avocate gagne quelques jours, mais comment trouver des témoins dignes de foi dans ce pays où tout le monde craint non seulement le jeune prince, son confesseur et les lois de cette abbesse rigide et sans pitié ? Il est évident que le Saxon s’est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment et est victime d’une conspiration montée de toutes pièces.

Une nouvelle enquête des plus passionnnantes pour la jeune religieuse irlandaise, Sœur Fidelma, avocate à la cour du Haut Roi, et son fidèle second, le moine saxon Eadulf .

C’est jusqu’à présent l’une des enquêtes les plus remplies de suspense jusqu’à ce jour dans toutes celles que j’ai lues probablement parce que la religieuse ne dispose que de quelques heures avant l’éxécution de la sentence de mort.

Comme dans les romans d’Agatha Christie, les enquêtes de Fidelma de Kildare se terminent de la même manière : la jeune avocate réunit tous les personnages concernés par son enquête et dévoile habilement le coupable. Cette manière de procéder est désormais classique dans les romans qui la mettent en scène, mais avant d’en arriver là, on assiste à une enquête digne des procédures policières dans les polars plus contemporains.

Généralement, Sœur Fidelma est assistée du moine Eadulf, l’accusé dans ce roman-ci. Ici, elle devra non seulement prouver son innocence, et au passage également faire le point sur ses propres sentiments ; or, chacun sait bien qu’il est plus facile de faire la lumière sur les événements que sur son propre cœur !

Au passage, Peter Tremayne rappelle l’évolution des églises celtique et romaine, et les dérives intolérantes de l’église de Rome.

Bref un court polar historique, que l’on se dépêche de lire tant l’enquête est passionnante.