Onder valse vlag de Pieter Aspe

Le dimanche 21 novembre 2004 par Sheherazade

Les Van In-Martens envisagent un agréable déjeuner sur l’herbe pendant un été caniculaire lorsqu’ils sont interrompus par l’annonce d’un véritable carnage dans le quartier élégant de Bruges.

Le directeur d’une entreprise en pleine expansion, s’occupant du recyclage d’ordinateurs, a massacré sa femme et ses deux enfants et s’est ensuite donné la mort par pendaison. Le commissaire Van In, malgré les signes évidents, doute qu’il s’agisse d’un simple drame familial, pour lui le crime ne fait aucun doute, y compris le soi-disant suicide car Wilfried Traen était l’un de ses compagnons de classe à l’athénée et le souvenir qu’il en garde n’est pas celui d’un homme capable de massacrer sa famille.

Peu après, une prostituée de luxe est égorgée sur la terrasse de sa superbe résidence à Blankenberghe, petite ville côtière belge. Comme cette jeune femme avait contacté Madame la juge d’instruction, Hannelore Martens, à propos de l’industriel en question, Pieter Van In parvient à convaincre son collègue et ami, Guido Versavel, qu’il faut réellement mener une enquête sur l’industriel et sa famille. De plus semble également mêlé à cette affaire un riche homme d’affaires américain vivant à Bruges depuis quelque temps.

Parmi les suspects figure un ex-employé de la société renvoyé pour vol et ayant sombré dans l’alcoolisme ; l’homme est convaincu d’avoir assassiné Traen et sa famille dans une crise d’éthylisme.

L’affaire se complique car dans le carnet d’adresses de la call-girl assassinée se trouve le nom d’un ministre très en vue, ce qui va mettre Van In dans une situation très difficile, voire compromettre son avenir dans la police. Ce qui a commencé comme un drame familial, semble avoir des ramifications à un échelon bien plus important, impliquant un complot international.

Sur fond de politique et de mondialisation, cette enquête du trio brugeois Van In-Versavel-Martens manque de la pointe d’humour que l’on retrouve dans les autres romans. Le commissaire et sa compagne sont en pleine crise de couple ; une subordonnée de Van In a jeté son dévolu sur lui et n’hésite pas à lui envoyer des signes évidents d’intérêt, suscitant ainsi la jalousie de la juge d’instruction. L’ami et collègue de Van In, l’homosexuel Versavel redoute d’être contaminé par le virus HIV, bref dans la Bruges caniculaire rien ne va plus ! Du coup, Pieter Van In ressent les effets de la "midlife crisis", boit Duvel après Duvel et fume cigarette sur cigarette, malgré les rappels à l’ordre de son médecin... pour un peu, on se croirait chez Wallander !

Pieter Aspe a donné une trop grande importance aux problèmes personnels, ceux-ci interférant sans cesse dans l’intrigue à tel point que cela en devenait très agaçant. L’enquête policière y perd beaucoup d’intérêt, ce qui est fort dommage. Par ailleurs, les touches d’humour sont nettement plus lourdes que dans les romans précédents. Le seul élément drôle dans cette aventure est le nouveau médecin légiste, un Polonais (au nom imprononçable et impossible à écrire) amateur d’alcool fort et ayant quelques démêlés avec la langue néerlandophone. Il porte par ailleurs un oeil très candide sur les gens de l’ouest et leurs difficultés existentielles ; avec lui au moins, on s’amuse.