Ne jouez pas avec le feu de Peter Robinson

Playing with fire

Ne jouez pas avec le feu

Le dimanche 26 août 2007 par Sheherazade

A Eastvale, dans les Yorkshire Dales, l’hiver promet d’être chaud ! En effet, un pyromane sévit dans le secteur et enflamme les esprits.

Du moins en apparence, car dès que commence l’enquête l’inspecteur en chef Alan Banks se demande s’il ne s’agirait pas plutôt d’incendies destinés à effacer toutes traces de crimes plus personnels.

D’abord il y a eu les deux vieilles péniches sur le petit bras de canal reliant la Strath au grand canal de Leeds à Liverpool.

Dans l’une d’elles vivait un artiste peintre assez excentrique mais ayant peu de succès, pas vraiment doté d’un réel talent aux dires des témoins que les inspecteurs ont fini par découvrir. Dans l’autre péniche, c’est le cadavre d’une jeune droguée que l’on découvre.

Tout d’abord Banks et son équipe suspectent le petit ami de la jeune morte, mais son alibi tient bien la route. D’ailleurs après interrogatoires l’inspecteur, bien qu’il se rende compte que le jeune homme a eu une enfance bousillée tout comme la jeune fille avec qui il vivait, il ne voit pas en lui un pyromane.

Peu après l’incendie des péniches, c’est une vieille caravane qui est réduite en cendres. A croire que quelqu’un a décidé d’éliminer tous les squatteurs d’Eastvale. Le modus operandi étant identique à celui de la péniche, il est exclu pour Banks qu’il s’agisse là d’un hasard. Il est désormais convaincu qu’il ne s’agit pas de feux destinés à assouvir les fantasmes d’un pyromane, mais bien de crimes camouflés. De plus, l’enquête fait apparaître que le peintre et le mort de la caravane se connaissaient. Pour les enquêteurs il ne fait aucun doute que ces meurtres soient liés.

Alan Banks a pas mal de soupçons mais il n’ose pas tous les exprimer, car sa théorie paraît « fumeuse » à son assistante principale, Annie Cabbott.

Dans un premier temps, le principal suspect pourrait bien être le libraire-antiquaire de la « vieille ville », qui connaissait le peintre avec qui il aurait mis au point un fructueux petit commerce.

Parallèlement, Alan Banks veut aussi savoir pourquoi le jeune homme dont la petite amie était dans l’autre péniche porte de terribles accusations sur le beau-père de celle-ci, mais cette enquête n’est pas vue d’un bon œil, l’homme étant un chirurgien en vue.

Les enquêteurs suivront bien des pistes avant de découvrir à quel point ils ont à faire à un criminel particulièrement habile à les brouiller et à jeter de la poudre aux yeux. Bref, au début, ils n’y voient que du feu !

Une fois encore Peter Robinson tient ses lecteurs en haleine dans cette traque au criminel-caméléon. On brûle d’impatience d’arriver aux dernières pages. Dans mon cas, ce fut surtout pour me confirmer que j’avais deviné juste assez rapidement. Car si le sujet est traité de manière pasionnante, il n’est pas vraiment nouveau, le complot et le coupable sont assez prévisibles. On m’argumentera que c’est facile à dire lorsqu’on connaît la solution mais je suis persuadée que d’autres lecteurs seront de mon avis s’ils lisent « Playing with Fire ».

L’inspecteur en chef Alan Banks a toujours quelques problèmes à gérer sa vie personnelle. Son assistante et ex-petite amie Annie Cabbott a un nouveau boyfriend, ce qui ne plaît qu’à moitié à Banks, qui a pourtant, de temps en temps, une autre femme dans sa vie. Non seulement il se mêle de ce qui ne le regarde pas mais par ailleurs, le moins que l’on puisse dire, c’est que ses relations avec son ex-épouse récemment remariée et nouvellement mère de famille ne sont pas amicales.

S’il est désarmant dans son désarroi, Banks n’en est pas moins profondément exaspérant à ne pas accepter que les ex-femmes de sa vie poursuivent leur chemin et ont des relations où il n’a plus sa place. Alors qu’il est un honnête policier faisant non seulement un excellent boulot, mais aussi capable de mansuétude, il n’est pas vraiment doué dans ses relations personnelles. Même sa fille est agacée par ce père dont le métier passe avant tout autre chose, mais qui geint parce qu’on ne prend pas le temps de s’occuper de lui !

J’espère que l’auteur va obliger le personnage principal de ses polars à se ressaisir car la trame des romans reste passionnante mais Banks commence à ressembler un peu trop à Wallander, d’Henning Mankell, tout aussi contradictoire, émouvant et exaspérant tout à la fois.