Murder at the Old Vicarage de Jill McGown

Une enquête de l’Inspecteur en Chef Lloyd et de son adjointe, Judy Hill

Murder at the Old Vicarage

Le vendredi 31 août 2007 par Sheherazade

Lorsqu’on leur signale qu’un crime a été commis au presbytère du village, en cette veille de Noël, l’inspecteur en chef Lloyd, grand amateur d’Agatha Christie, ne peut s’empêcher de dire à sa détective-sergent que tout ce qui leur manque encore ce serait une vieille dame fûtée pour les aider à résoudre l’enquête.

Une enquête qui va s’avérer bien plus compliquée qu’il n’y paraît de prime abord ; le mort est le beau-fils du vicaire et de son épouse, un homme qui avait déjà envoyé son épouse à l’hôpital pour coups et blessures. Lorsque Joanna était retournée dans le giron familial, Graham tenta de la récupérer, lui faisant les habituelles promesses des hommes battant leur épouse, à savoir que cela ne se reproduirait plus, etc. etc. Ce qui est sûr effectivement c’est que cela ne risque plus de se reproduire car il git, bel et bien mort, le crâne enfoncé par un tisonnier.

Pour l’inspecteur en chef le cas est simple : son épouse n’a pas voulu retourner auprès de lui, il lui a à nouveau abîmé le portrait et elle l’a tué pour se défendre. Ce qui est sûr c’est qu’effectivement Joanna a à nouveau été battue, pourtant elle nie avoir tué son mari. Les soupçons se portent alors sur le vicaire et son épouse, celle semblant particulièrement protectrice de sa famille. Et finalement tout va se compliquer, après voir nié, l’épouse du vicaire avoue le crime, puis est libérée car les heures de la mort et du meurtre ne concordent pas.

Le vicaire de son côté est complètement anéanti par la situation, d’autant plus qu’il couve un tendre sentiment pour une jeune veuve récemment installée au village. De plus, il se pose de plus en plus de question sur son travail de prêtre de la communauté, n’ayant jamais éprouvé ce qu’on appelle « la vocation », c’est plutôt son épouse qui l’a poussé à poursuivre ses études en cette voie lorsqu’ils étaient jeunes.

Pour une affaire qu’il pensait pouvoir mener rondement, l’inspecteur Lloyd commence a réellement perdre patience, avec tous ces indices qui ne correspondent pas, tous ces suspects possibles. Et qui serait cet ou cette inconnu(e) que Graham a rencontré au pub local et dont personne n’a entendu parler ?

Beaucoup de tergiversations, de discussions entre les détectives, après interrogation des témoins connaissant la famille, sans oublier les versions différentes que le vicaire, son épouse et sa fille s’ingénient à donner de l’affaire.

Et tout en tentant de résoudre cette enquête qui se révèle plus compliquée que prévue, l’inspecteur et son joli sergent tentent de résoudre les complications de leur vie personnelle, car si Lloyd aime Judy et est libre, elle est toujours mariée et a peur de quitter un mari que pourtant elle n’aime vraiment pas.

L’enquête policière de ce polar anglo-saxon est tellement passionnante qu’il est difficile de lâcher le bouquin une fois qu’on l’a entamé.

J’ai été moins intéressée par les problèmes de couple des protagonistes principaux, qui tendent une fois encore à prouver que les relations personnelles au sein de la police sont décidément difficiles.

Ce sujet a déjà été traité par Peter Robinson, Deborah Crombie, Ian Rankin, et beaucoup d’autres. Cela ajoute une dimension personnelle et psychologique au roman, mettant ainsi l’accent sur le fait que des policiers sont aussi des êtres humains avec leurs problèmes quotidiens.

« Murder at the Old Vicarage » est le deuxième roman de la série policière mettant en scène l’Inspecteur en Chef Lloyd et son adjointe, Judy Hill, une série qui en est actuellement à son treizième volume.

C’est la référence au titre d’Agatha Christie « Murder at the Vicarage » (une aventure de Miss Marple) qui m’a conduite à choisir ce polar, mais il ne contient guère l’humour au second degré et les autres ingrédients des romans de la Reine du Crime. Nous ne sommes plus ici dans le sympathique petit village anglais, où il y a le bon docteur, le pasteur, les vieilles filles un peu curieuses autour d’une tasse de thé. La tension est bien plus forte, l’ambiance beaucoup plus réaliste.

La seule vraie touche d’humour que j’ai ressentie est lorsque la détective Hill doit interroger une dame âgée, l’un des témoins dans l’enquête.

Toutefois, il s’agit d’être prudent si on achète ce livre sur internet, car le titre original du livre est « Redemption » ; l’autre titre a été donné par les éditeurs américains de Mrs. McGown justement pour attirer les chalands amateurs de Lady Christie.