Mort d’une garce de Colin Dexter

The wench is dead

Mort d’une garce

Le dimanche 5 septembre 2004 par Sheherazade

L’inspecteur en chef Morse, cloué sur un lit d’hôpital avec un ulcère perforé, reçoit un petit livre édité par le cercle culturel d’Oxford et relatant un crime sur le Canal au 19ème siècle.

A cette époque, Joanna Franks, une jeune femme désireuse de voyager à peu de frais (le train coûtait une fortune) paie son passage sur une péniche. Son cadavre sera découvert peu après quasi défiguré, portant des traces de viol et, bizarrement, sans ses chaussures.

Morse est aussi perplexe parce que sans raison apparente elle s’est mise à avoir des troubles du comportement. Le cadavre ayant été reconnu par son époux, grâce à un grain de beauté derrière l’oreille, les 4 membres de l’équipage sont condamnés à mort. Trois seront pendus et le 4ème est envoyé en Australie, terre des bagnards anglais au 19ème siècle.

L’inspecteur, de plus en plus intrigué par ce qu’il lit, commence à se demander si l’équipage était réellement coupable ; il charge son fidèle sergent Lewis ainsi qu’à une visiteuse bibliothécaire, à qui il fait du charme, de l’aider à trouver plus de renseignements sur cette affaire. Tous trois se prennent au jeu et tentent de rassembler des éléments qui confirmeraient (trop tard hélas) que l’équipage était effectivement innocent du meurtre, mais non du vol dont ils étaient accusés. C’est dans le Londres contemporain qu’il découvrira la vérité sur cette sinistre affaire.

L’inspecteur E. Morse a quelques points communs avec notre ami l’inspecteur Wallander : il boit comme un trou, se nourrit mal (c’est ce qui l’a mené à l’hôpital d’ailleurs), il tombe facilement amoureux et il est profondément désabusé.

Il est aussi grand amateur d’opéras et de mots croisés, c’est un érudit en poésie ancienne et musique classique. En dehors de cela il est totalement misanthrope et misogyne, sans oublier assez avare. De plus, il traite son dévoué sergent Lewis avec une désinvolture qui frise le total manque de respect !

Il y a pas mal d’ambiance dans cette aventure-ci de Morse et Lewis, aussi bien celle du 19ème siècle, que celle de l’hôpital où Morse se dispute avec l’infirmière en chef et râle sur tout et tout le monde, sauf la charmante visiteuse.

Colin Dexter est comme son personnage un érudit, ancien professeur d’Oxford et grand spécialiste de mots croisés). Il a inventé Morse en 1972, pendant des vacances plutôt pluvieuses au Pays de Galles : après avoir lu 2 médiocres romans policiers il s’est dit qu’il pouvait faire mieux.

L’excellent comédien britannique John Thaw, grand ami de Colin Dexter, qui a rendu Morse célèbre à la télévision, a malheureusement perdu son combat contre le cancer. En hommage à son ami disparu, l’auteur a "tué" le personnage de Morse car il estime qu’aucun autre comédien ne pourra l’interpréter aussi bien.

La dernière enquête de Morse sera aussi la dernière apparition télévisée de John Thaw .


  • > Mort d’une garce  7 septembre 2004

    Inconditionnelle des romans policiers anglais style puzzle depuis ma découverte d’Agatha Christie, il y a une dizaine d’années, je suis sans cesse à la recherche d’auteurs de la même veine. Souvent déçue, j’ai parfois de bonnes surprises. C’est le cas avec les enquêtes de l’inspecteur Morse, écrites par Colin Dexter.

    Anti-héros par excellence, ventripotent, alcoolique, ronchon et asocial, l’inspecteur Morse n’en demeure pas moins un fin limier qui résout les énigmes grâce à ses "petites cellules grises", dans la plus pure tradition britannique. Surdoué des mots croisés, lecteur assidu des grands classiques et connaisseur en musique classique, notre détective se révèle aussi, malgré des manières et un physique antipathiques, un grand séducteur. A chaque enquête correspond une conquête. La série comporte treize volumes.

    Un très bon roman policier et une agréable lecture, malgré un schéma maintes fois utilisé. L’inspecteur Morse n’est pas le premier enquêteur à résoudre une énigme vieille de 100 ans. Je conseille ces livres aux amateurs d’Agatha Christie, même si certains trouveront le rythme parfois long et lent.


    Répondre à ce message