Mort d’un étranger de Anne Perry

Death of a Stranger

Mort d’un étranger

Le samedi 30 octobre 2004 par Sheherazade

Toujours à la recherche d’un passé perdu depuis l’accident qui lui valut son amnésie, et dont il n’a perçu que quelques bribes et morceaux au cours des 7 dernières années, William Monk accepte l’enquête que lui confie une jeune femme persuadée que son fiancé, employé auprès de la compagnie Baltimore, s’est laissé entraîné dans une affaire de fraude pouvant causer de graves dommages.

Cette affaire présente, pour Monk, des similitudes avec le drame s’étant produit 17 ans auparavant, lorsqu’il était jeune banquier et qu’il travaillait avec le financier Dundas. Celui-ci, mentor et ami de Monk, mourut en prison, injustement accusé de fraude ayant entraîné un accident grave. C’est à la suite de cette injustice que William Monk quitta le monde de la finance pour devenir policier et tenter d’aider à éviter les erreurs judiciaires.

Il va donc entreprendre une croisade pour la vérité actuelle mais aussi pour recomposer le passé ; il craint toutefois que la découverte de la vérité lui fasse découvrir des malversations de sa part et lui faire perdre sa réputation d’homme intègre, de même que l’amour de son épouse, Hester.

Celle-ci a ouvert un centre de soins dans un quartier plutôt mal fréquenté de Londres, destiné à aider les prostituées victimes de coups. Or depuis quelque temps, des jeunes femmes qui semblent d’excellentes éducations se trouvent parmi les pauvres filles de Londres, obligées à travailler comme prostituée pour rembourser des dettes. Lorsqu’elles acceptent de se confier à Hester, elle découvre que certaines étaient demoiselle de compagnie, institutrice, gouvernante, mais que des dettes à rembourser les ont fait tomber dans les griffes d’un usurier, également tenancier de maison close.

Or, c’est dans ce quartier sinistre qu’a été retrouvé le corps de Nolan Baltimore, père respecté et brillant homme d’affaires, propriétaire de la société Baltimore, constructeurs de chemins de fer. Sa fille contacte Hester afin de découvrir quelque chose au travers des jeunes femmes qu’elle soigne, mais Mrs. Monk est une femme qui respecte le silence des autres. Le seul à qui elle se confie est son époux et c’est ainsi qu’ils découvrent que, comme c’est souvent le cas, leurs deux affaires s’entrecroisent. Olivier Rathbone, leur ami avocat, aidera Hester et son amie à tirer parti de la mort de Baltimore pour résoudre les problèmes des prostituées.

Pour William Monk, malheureusement, les choses ne seront pas aussi simples. Lorsque la jeune Miss Harcus est retrouvée morte, son fiancé est arrêté et Monk poursuit l’enquête, mais plus il se rapproche de la vérité et plus il réalise que ce qui s’est produit il y a dix-sept années risque de se reproduire. Malgré ses craintes personnelles, il aidera le fils de Baltimore à faire la vérité sur le présent (une vérité peu plaisante d’ailleurs sur le père) en retrouvant enfin son passé.

J’avoue avoir trouvé cette nouvelle enquête de William Monk et la course à sa mémoire fort confuse. Trois histoires se croisent et s’entrecroisent sans cesse rendant le roman assez ardu à lire ; l’enquête professionnelle recoupe sans arrêt l’enquête personnelle du détective, rendant le récit parfois long et fastidieux.

La partie la plus vive est celle se passant dans les quartiers populaires, voire mal famés de Londres, qui fait découvrir au lecteur le monde très dickensien des romans d’Anne Perry. Bien que qu’intriguée par le passé de cet enquêteur peu commun qu’est Monk, j’ai eu beaucoup de difficultés à lire ce livre jusqu’au bout. C’est certainement celui de la série que j’ai le moins apprécié en raison de ces trois enquêtes concomitantes, mais surtout parce que le livre est fort long ; certains passages se répètent littéralement. J’ai cependant apprécié la toile de fond historique relative aux débuts des chemins de fer anglais.