Mariage impossible de Anne Perry

A breach of promise

Mariage impossible

Le mardi 5 octobre 2004 par Sheherazade

Killian Melville, jeune architecte d’avant-garde, très en vogue, sollicite les services d’Oliver Rathbone, avocat célèbre à Londres. Le jeune homme se trouvera sous peu face à l’ accusation de rupture de promesse de fiançailles à l’égard de la fille de la famille Lambert.

Dans l’Angleterre victorienne, ne pas épouser une jeune fille que l’on a courtisée, signifie la perte irrémédiable de sa réputation et la probabilité de ne plus pouvoir faire "un bon mariage". Or Melville affirme qu’il n’a jamais rien promis, qu’il n’a jamais demandé la main de la jeune fille à son père, que seule la mère a pris la situation en mains et tout organisé en vue du mariage. La jeune fille elle-même semble être dépassée par les événements, mais fort heureuse malgré tout alors que pour l’architecte il s’agit seulement d’une amitié profonde.

Rathbone est méfiant, ce genre de cas est généralement favorable à l’offensée. Pourtant il accepte de défendre ce jeune homme qui risque la perte de tout ce qu’il possède : statut social, aisance matérielle, avenir professionnel. L’avocat de la partie adverse ne reculant devant rien pour appuyer son dossier produira des témoins accusant l’architecte d’homosexualité, un crime grave à l’époque. Rathbone en appelle à William Monk afin de trouver des preuves pouvant éventuellement étayer la plaidoirie en faveur de son client.

Pendant ce temps, Hester Latterly soigne un grand blessé de l’insurrection des Indes et devient l’amie de la femme de chambre de la maîtresse de maison. Cette femme de chambre lui conte l’histoire malheureuse de son frère, mort trop jeune laissant deux petites filles handicapées et légèrement défigurées, abandonnées par leur mère lors de la mort du père. Martha aimerait retrouver ses nièces ou du moins savoir ce qu’il est advenu d’elle, afin de faire son deuil. Lors d’une visite amicale de Monk, Miss Latterly parvient à le convaincre d’aider la femme de chambre.

Hélas, entretemps, en proie au désarroi le plus profond, face aux calomnies et au mépris, le jeune Killian Melville met fin à ses jours par le poison, du moins est-ce la conclusion du tribunal. Pour Monk, il y a doute, de même que pour Hester ayant suivi le procès, mais comment prouver que l’on a empoisonné quelqu’un n’ayant rien bu ni mangé au tribunal où il a été trouvé mort ?

Le détective, entretemps, enquête à propos des deux petites filles et se demande comment retrouver des enfants handicapées dans le Londres cruel du 19ème siècle, surtout après environ vingt années ? Soutenu par la ténacité d’Hester Latterly dont l’opinion commence à compter de plus en plus à ses yeux, William Monk ira au bout de l’enquête et découvrira un secret plus horrible encore que ce qu’ils avaient imaginé.

Atmosphère digne de l’histoire des "Deux Orphelines", dans le Londres de la Reine Victoria, où d’un côté ne compte que d’être "bien né", de respecter les conventions sociales, où pour une femme il est de bon ton d’être seulement belle et de se taire afin de faire un bon mariage ; de l’autre, la misère, le sort odieux fait à ceux qui sont nés du mauvais côté de la barrière sociale et où les plus durs sont prêts à tout, même au meurtre, pour conserver ce qu’ils ont bâti sur les mensonges et les crimes. Anne Perry nous offre ici un roman digne d’Hugo ou de Zola.


  • > Mariage impossible  19 octobre 2004, par bastet

    Je voudrais attirer l’attention à tous ceux qui lisent Anne Perry en anglais :

    ce titre-ci "A Breach of Promise" et la soi-disant nouvelle enquête de Monk, à savoir "Whited Sepulchres" sont IDENTIQUEMENT le même livre, la même histoire.

    La couverture et le titre ont été modifiés par l’éditeur, peut-être pour le marché UK. Mais il est important de le savoir sinon il est évident que l’on se fait avoir. Il est donc parfois intéressant de lire la 4ème de couverture, ou la publicité d’un roman pour découvrir les ruses des éditeurs. Personnellement je trouve que c’est scandaleux, mais bon, c’est une opinion qui n’engage que moi !


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