Magnus de Sylvie Germain

Faut faire confiance aux lycéens pour le Goncourt !

Magnus

Le dimanche 17 juin 2007 par channe01

Je serais d’avis de supprimer le Goncourt classique et ses imbroglios éditoriaux pour laisser tout le travail aux lycéens qui n’ont pas d’état d’âme quand ils choisissent le livre qui les intéresse.

Et jusqu’alors je n’ai pas encore été déçue par le choix des lycéens. Au contraire, ils me font découvrir des auteurs à côté desquels j’étais passé. Ce qui n’étais pas le cas pour Sylvie Germain mais pour Laurent Gaudé.

Là, je savais que je ne serais pas déçue mais je ne pouvais imaginer l’emprise du livre en mon cœur.

Ce livre parle non seulement d’un fait qui a marqué ma propre vie (la découverte de la shoa et l’interrogation sur l’attitude des adultes qui m’entouraient pendant les faits) mais ce livre parle aussi de l’importance de la lecture sur la vie réelle.

En effet, c’est un livre qui éclaire, illumine, projette son aura sur le mystère de la vie de Magnus. Les livres, j’y suis attachée comme à des ancres pour m’enraciner en la vie. Vie rêvée, vie réelle, les livres multiplient mes espaces temps. Mes espoirs et mes peines aussi. Les livres ajoutent de l’intensité à ma vie. Ils me font entendre le monde, écouter avec le cœur. Et là, j’avais le cœur à vif.

EXTRAIT :

« Mais il y a des livres écrits de telle sorte que, parfois, ils font sur certains lecteurs un effet semblable à celui de ces gros coquillages que l’on presse contre son oreille, et soudain on entend la rumeur de son sang mugir en sourdine dans la conque. Le bruit de l’océan, le bruit du vent, le bruit de notre propre cœur. Un bruissement de limbes. Adam a lu ce livre, qui à d’autres ne raconte qu’une histoire étrange , confuse, dont ils ne franchissent pas le seuil, et le livre se sera posé contre son oreille ; Un livre en creux, en douve, en abîme, où une nuée d’échos se sera mise à chuchoter. »

-  Sylvie Germain
-  Magnus
-  Editions Albin Michel
-  Isbn 222616734X
-  Prix goncourt des lycéens 2005