MacBeth, the King de Nigel Tranter

MacBeth, the King

Le lundi 13 juin 2005 par Sheherazade

Depuis six siècles, la fière Alba est devenue "Scots’s Land", le pays des Scots, ces conquérants venus d’Irlande. Mais les Scots n’ont guère fait régner la paix dans leur nouveau pays et les petits rois continuent à guerroyer dans le but de conquérir le pouvoir central.

MacBeth - (ce qui signifie "Le Fils de la Vie" ou "L’Elu") - Mac Findlaech est un jeune mormaern, c’est-à-dire administrateur-régent du comté de Finlay. C’est un jeune homme vigoureux, intelligent, juste, apprécié pour son esprit équitable tant par les paysans que par les soldats. Son demi-frère Thorfinn, duc d’Orkney, éduqué chez les Vikings et profondément viking dans l’âme, aimerait détruire Malcolm II, père du futur roi Duncan, un homme faible préférant recourir au poison plutôt que d’affronter ses ennemis de face. Thorfinn croit au pouvoir des armes, MacBeth au pouvoir de la parole.

Duncan souhaite agrandir son pouvoir et compte bien y adjoindre le comté de Moray, terres du roi Gillacomgain ; depuis longtemps déjà ses partisans ont tenté de déposséder MacBeth de sa terre de Ross, sans succès.

MacBeth est de part sa famille un héritier au trône d’Ecosse, il est "Thane" de Ross, descendant , à savoir un chef suprême de ses armées et régent de ses terres mais surtout par son mariage avec la belle et douce Lady Gruoch, petite-fille du roi Kenneth IV. Il peut donc légitimement demander le trône au nom du fils de Gruoch, le petit Lulach fils de Gillacomgain, momaer de Moray, mort dans d’horribles conditions.

Duncan désireux d’agrandir ses domaines, considéré par beaucoup comme un usurpateur, perdra la couronne et Macbeth monte sur le trône avec sa douce épouse. De batailles en trahisons, de complots en traités non respectés, d’amis devenus ennemis, la vie du jeune monarque finira dans un bain de sang, laissant le trône d’Ecosse au jeune Lulach dont le règne sera de courte durée. Il était inévitable que les héritiers de Duncan décident de reprendre le pouvoir et venger leur père. Macbeth fut vaincu à la bataille de Dunsinane et mourut à Lumphaman. Malcolm III, fils de Duncan, monte sur le trône d’Ecosse établissant une nouvelle dynastie, plus inféodée aux rois d’Angleterre.

Le corps du roi MacBeth, comme celui de Lulach son fils adoptif, fut enterré à Iona, l’île qui pendant de longs siècles servit de sépulture aux rois d’Ecosse.

Shakespeare, on le sait tous, fut un extraordinaire poète et écrivain, mais un piètre amateur de vérité historique ; en fait il n’en avait que faire !

Les multiples erreurs historiques contenues dans son théâtre ont induits en erreur des générations entières.

Parmi les personnages qu’il a le plus noircis, il en est un et non des moindres dont la réputation est ternie à jamais par sa faute. Il s’agit du roi écossais, MacBeth MacFindlaech et son épouse, Lady Gruoch.

William Shakespeare écrivit la pièce 500 ans après que le vrai roi fût en vie, il était aussi comme beaucoup d’Anglais peu enclin à la sympathie envers les Ecossais ; il s’est basé qur les "Chroniques d’Angleterre, Ecosse & Irlande" d’un certain Raphaël Holinshead qui ne vérifia pas non plus l’exactitude des ses sources.

Dans la pièce de Shakespeare, tout est faux ! le roi Duncan n’est pas ce doux et bon vieillard décrit dans la pièce ; il devait avoir tout au plus une trentaire d’années au moment de sa mort. Banquo, l’ami de MacBeth n’a même jamais existé, il est sorti tout droit de l’imagination du grand Will, mais on peut se dire qu’il s’agit de la liberté créative de tout auteur.

Quant à Lady Gruoch, la veuve de Gillacomgain, mormaer de Moray qui se mit sous la protection du jeune régent de Ross et l’épousa, elle était une jeune femme douce, une première fois mariée contre sa volonté à un soudard de plus de 40 ans son aîné et dont elle eut un fils, le jeune Lulach protégé par MacBeth. Elle était exactement à l’opposé du portrait dressé par Shakespeare. Elle aimait le peuple qui le lui rendait bien, aidant les pauvres, exhortant MacBeth à un pouvoir pacifique afin que les plus démunis ne vivent pas constamment dans un état de terreur. A aucun moment elle ne trempa dans la mort de Duncan. Ensemble elle et MacBeth régnèrent pendant environ 17 années avec sagesse ; les chroniques de l’époque relatent la période de paix relative sous leur règne, dans une époque troublée et cruelle, où les petits rois belliqueux, avides de pouvoir, étaient prêts à tout.

Le livre de Nigel Tranter m’a beaucoup amusée ; c’est un roman d’aventures typique, avec des personnages ayant réellement existé. Il leur redonne vie de manière vive et palpitante. Un vrai bon roman historique, comme aimait également à en écrire le grand Alexandre Dumas.