Lunar Park de Bret Easton Ellis

Un nouveau chef d’œuvre sans aucun doute...

Lunar Park

Le lundi 12 juin 2006 par Missora

Incarnant un homme marié à une actrice, père de famille, Ellis, dans Lunar Park, nous fait vivre son quotidien dans le milieu bourgeois du Comté de Midland. Partageant sa vie entre le centre commercial le samedi après-midi, les rendez-vous chez une thérapeute pour couples et les dîners entre voisins, la banalité (comique) de son existence va virer en cauchemar lorsque sa maison devient hantée par un jouet déchaîné et par son père, lorsque le héros assassin Patrick Bateman le poursuit sans cesse et lorsque le narrateur pense que les madeleines de Proust sont des mandarines....

Breat Easton Ellis, un nom bien connu dans le milieu littéraire... pourtant inconnu à ma bibliothèque. Attirée par les publicités et par les critiques de ce livre, je me hâtai de prendre possession de ce « Meilleur livre de l’année 2005 » qui ornait la couverture. A vrai dire, je me demandais bien comment on pouvait définir un livre comme le « meilleur », puisque une attribution telle que celle-ci ne peut se faire qu’avec de bons arguments, il y a tant de livres publiés dans le monde qu’il est difficile de les comparer tous. Cependant je pense qu’en le lisant, on peut facilement comprendre pourquoi on peut dire que c’est UN des meilleurs.

Les premières pages sont assez choquantes et m’ont un peu ennuyée par la lenteur du style un peu si l’on peut dire rébarbatif. Cela commence par la vie (autobiographique ?) du narrateur (parlant à la première personne) au milieu de la drogue, sexe, luxure... enfin pas de quoi amuser la galerie et qui devient assez dérisoire même si l’on trouve de bonnes remarques sur la vie d’un auteur à la recherche d’inspiration. Le début est assez vaniteux et peut en énerver certains, il faut l’avouer (à la rigueur, vous passerez certains paragraphes).

Prenant tout de même mon courage à deux mains, je continuais ma découverte de cet auteur.

Lorsque tout bascule, on est carrément envoûtés par la subtilité du style et de l’histoire. Une trame, enfin, qui nous donne des frissons et qui nous emporte. Tout se transforme ; même la maison d’Ellis. On frémit, on rigole, on s’amuse, on a peur,... on passe par tous les sentiments, toutes les sensations et on arrive facilement à se mettre à la place du narrateur, devenant nous même le héros de l’histoire. Mélanger réel et irréel est assez malin de la part d’Ellis puisque ça permet d’accrocher le lecteur et de pouvoir jouer avec tous les genres... fantastique, action, drame... De plus, en reprenant son ancien héros d’American Psycho, il permet de jouer sur le vrai et le faux. Comment un personnage de roman peut-il sortir d’un livre ? La question qu’ainsi on se pose à la fin du roman est : Autobiographie ou simple histoire imaginée et imaginaire ? Je me demande si on trouvera la réponse un jour...

Un livre que je conseille de lire (mais pas par les plus jeunes d’entre nous cependant) notamment pour le plaisir du style et de la création de l’auteur (qui est lui-même assez étrange il faut le dire) qui arrive à mêler réel et irréel, horreur et comique... que demander de plus ?


  • Cosmique  2 décembre 2011, par antihuman
    Après la description lassante de la vie de ses affreux rois-pourceaux américains généralement un peu stupides, drogués, nymphos, bimbos, yuppies, débiles, narcissiques mais surtout mégalomanes de ses romans précédents tels que ceux de "Moins que Zéro" ou "Glamorama", BBE passe avec Lunar Park et nous livre avec cette intrigue dans le domaine fantastique. En effet sodainement une créature prend possession de la maison du narrateur et personne ne semble le croire, même la police et les autorités "compétentes" !.. Meilleur que beaucoup et assez lugubre d’autant plsu que le récit suit de très près cette vie résidentielle (au bureau comme au salon) qui concerne un grand nombre d’entre nous. Autant pour la fête et le traditionnel barbecue U.S. du samedi...
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