Les vestiges du jour de Kazuo Ishiguro
Kazuo Ishiguro met en scène le déclin de l’aristocratie anglaise

Le dimanche 6 juillet 2003 par Feline
Kazuo Ishiguro a réussi le tour de force d’écrire un des romans les plus british qu’il soit, malgré son origine japonaise. Né à Nagasaki, Kazuo Ishiguro vivra dès sa petite enfance en Grande Bretagne, et deviendra d’ailleurs citoyen de sa majesté dès 1983. Il recevra même le titre d’officier de l’Ordre de l’Empire Britannique en 1995.
"Les vestiges du jour" est son troisième roman. Un roman dont j’ai du mal à faire la critique tant il m’a séduit, dont j’ai véritable savouré chaque page, chaque phrase... Je suis persuadée qu’il trouvera sa place parmi les grands classiques anglais, si ce n’est déjà fait.
Monsieur Stevens, majordome vieillissant, profite de l’absence de son maître pour voyager à travers la campagne anglaise au volant d’une ford. Le but de ce périple est une visite à Miss Kenton, l’ancienne gouvernante de Darlington Hall, dont il a récemment reçu une missive. Ce voyage est également l’occasion pour le butler de revenir sur son passé et de faire le point sur sa vie. Majordome comme son père, Stevens tire une grande fierté de sa carrière passée au service de Lord Darlington et au vu de laquelle il estime figurer au nombre des plus grands butlers. En effet, il a servi pendant des dizaines d’années une famille respectable et prestigieuse dotée d’une grande valeur morale et ce avec une dignité méritante, la plus importante des qualités d’un bon majordome selon lui.
Mais au fur et à mesure de ses pérégrinations, le lecteur se rend compte que Stevens n’est pas si fier de sa réussite, que, finalement, sa vie n’est qu’un gâchis. Malgré son déni, on s’aperçoit qu’il a en fait honte d’avoir servi si loyalement Lord Darlington, qui, on le comprend peu à peu, a trempé dans des histoires louches liées aux allemands et à la montée du nazisme. Peu après la première guerre, l’aristocrate s’était lié avec un allemand et était outré par la façon dont les alliés traitaient le peuple vaincu.
Peu à peu, il organisa des conférences secrètes avant de passer totalement sous la coupe des hommes de main d’Hitler. Convaincu par les idéaux fascistes, il ira jusqu’à déclarer que la démocratie est dépassée et que la mise en place d’un régime fort devient une nécessité. Il ordonnera également à Stevens de congédier le personnel d’origine juive.
Kazuo Ishiguro met ainsi en scène le déclin de l’aristocratie anglaise. Aristocratie qui craint de voir ses prérogatives diminuer, qui refuse de voir le petit peuple participer aux grandes décisions ou qui est, tout simplement, victime de ses grands principes et de son aveuglement face aux changements de la société. La preuve de ce déclin est fournie par la vente du manoir au profit d’un riche industriel anglais à la mort de Sa Seigneurie.
Mais le vieux butler est également passé à côté d’un bonheur probable avec Miss Kenton, à laquelle une tendre complicité l’unira malgré des débuts orageux. Malheureusement, cette relation a été ruinée par deux ou trois vifs échanges de paroles mettant en lumière certaines divergences, que la retenue, la pudeur et la fierté du butler, ou simplement son incapacité à déceler le caractère décisif de menus événements, lui ont empêché de réparer.
Ce roman se distingue également par l’écriture délibéremment précieuse et maniérée choisie par le romancier. On a réellement l’impression d’entendre parler un majordome tout droit sorti d’un roman d’Agatha Christie. Un majordome qui emploie le "on" pour parler de lui-même ! Je n’ai pu m’empêcher de faire un parallèle avec le film "Gosford Park" de Robert Altman qui décrit, lui aussi, la vie de la domesticité anglaise dans une grande demeure avec les rangs et les protocoles qui existent en son sein, un peu à l’image de ce qui se passe pour leurs patrons.
Le roman de Kazuo Ishiguro est empreint d’une certaine tristesse mais se clôture sur une note d’espoir. Pour l’auteur, « Le soir est la meilleure partie de la journée", affirmation qu’il interprète au sens propre comme au figuré : il faut arrêter de penser à nos échecs, aux décisions qu’on n’a pas prises, aux occasions manquées mais il faut aller de l’avant.
- > Les vestiges du jour
20 juin 2004
J’ai étudié le roman de K.Ishiguro dans le cadre d’un cours d’Anglais renforcé (je suis aussi en terminale littéraire)or je ne pense pas que Stevens soit réellement honteux d’avoir travaillé pour Lord Darlington,en tant que "grand majordome" il était de son devoir d’obéir et son refus à plusieurs reprises d’évoquer ses années des service aux côtés de Lord Darlington n’est peut-être du qu’à la discrétion du personnage ;dicrétion qui se retrouve notemment lors des entretiens de Stevens et de Mrs Kenton. Discrétion dont se flatte Stevens car elle nécessaire, selon lui, pour être considéré comme "un grand majordome" ou "a great butler".
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- > Les vestiges du jour
29 février 2004, par Ariane
J’étudie actuellement vestiges du jour dans le cadre des cours d’anglais renforcé(je suis en terminale) Je trouve le résumé du livre plutôt juste et pertinant.Cependant il y a une erreur qui serait bon de corriger :Mr Farraday le nouveau propriètaire de Darlington Hall est américain et non anglais. C’est pourquoi Stevens est si mal à l’aise il a du mal à s’habituer à la familiarité dont fait preuve Mr Farraday,il ne comprends pas son humour et ses"banterings"qu’il trouve déplacé.A plusieurs reprises il affirme que jamais Lord Darlington un gentleman anglais ne se serait conduit de cette manière.
vestiges du jour
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