Les vestiges de Janvier de Jeanne Bresciani

Le vendredi 14 janvier 2005 par signe

Le narrateur principal, Giambattista Bellingeri, homme d’une soixantaine d’années et romancier connu sous le pseudonyme de Janvier, revient à Rome où il a séjourné quelques années auparavant, à La Villa Médicis, afin de retracer l’histoire de ses amis disparus : Charles Janvier et Vanina Ventiseri. Charles vient de mourir et Vanina, depuis quelque temps, n’a plus donné signe de vie.

Entre ces deux personnages a eu lieu, par le passé, une liaison tragique, que Giambattista va tenter de reconstituer. Cependant, en écrivant leur histoire, c’est aussi son propre passé douloureux qu’il va livrer... Ainsi sera-t-il confronté à une réalité dépassant ses propres fictions.

Tous les vestiges mémoriels d’une vie, les vestiges de l’enfance, les événements marquants ou mineurs, les citations d’auteurs, les réflexions personnelles, les amours perdues, les non-dits, les drames, les secrets de famille...Tous ces fragments vont se rassembler peu à peu sous sa plume sensible et poétique, à la manière d’un vaste puzzle, confrontant également, à travers le choix d’un mode narratif particulier, celui qu’opère la mémoire, les correspondances qui se tissent entre réalité et fiction.

Dans cette entreprise, l’écriture devient d’abord une évocation (au sens d’évoquer les morts) puis une opération magique de résurrection. Elle consiste pour le narrateur à ressaisir dans l’épaisseur des mots les événements d’une vie et tracer non seulement la ligne d’un destin mais aussi la formule d’un sens qui arrêterait le temps.

Pour toute information ou commande contacter : Les editions Pétra, 12 rue de la réunion 75020 Paris Tél : 0143713130 ou le site : www.editionspetra.com


  • > Les vestiges de Janvier  23 février 2005, par Sahkti

    Quelle force dans la plume de Jeanne Bresciani pour nous parler de cet amour unilatéral et pathétique, de l’abnégation d’une femme qui s’oublie au profit d’un homme qui ne la regarde plus, de la souffrance endurée par ce même homme incapable d’aimer à nouveau et vivant avec un fantôme dans la tête. De fantômes, il en sera question dans cet ouvrage. Le fantôme d’Angela, la soeur de Giambattista, qui hante sa mémoire et ces pages, qui aura le mot de la fin, violent et douloureux, bouleversant tout sur son passage et faisant naître une profonde amertume. Touchée, je l’ai été par la sensibilité de la plume de Jeanne, par cet amour qu’elle porte aux êtres tout en jugeant avec lucidité et une certaine dureté l’âme humaine et les défauts des hommes. Charles Janvier, par exemple, est décrit sans concessions, naviguant entre le statut d’homme sans coeur et celui d’être profondément malheureux. Les deux ne sont pas incompatibles, cela peut fragiliser une vie jusqu’au point de non-retour. Beaucoup de subtilité pour décrire tout cela.

    Avec en prime une musicalité frappante tout au long du texte, une mélodie des mots qui rend le texte fluide et aussi vivant dans le sens "évolutif". Une âme n’est pas figée, elle bouge, elle erre, elle se fane ou s’enflamme.... tout cela transparaît dans "Les vestiges de Janvier" avec un recul minime pris par l’auteur, indispensable pour conforter le processus narratif (un homme raconte la vie de deux autres personnes le temps de leur relation) et suffisamment invisible pour permettre au narrateur de se confondre avec ses personnages et de s’identifier à travers aux. Son histoire passe par la leur et vice-versa. "On met si longtemps à exprimer les choses... non par manque de vocabulaire mais faute de compréhension de ce qui nous arrive, que l’on porte pourtant à l’intérieur de soi." (p.23)

    Ce texte ressemble à une complainte qui se perdrait dans la nuit des temps. L’héritage de la mémoire, universel et intemporel, le poids du souvenir, les secrets à ne jamais briser, les amours effacées, l’errance éternelle des gens qui se cherchent et ne se trouvent pas. Nulle part. Une écriture dense, mêlant puissance et poésie, que je vous invite chaleureusement à découvrir !


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