Les naufragés de l’autocar de John Steinbeck

Les naufragés de l’autocar

Le samedi 28 juin 2003 par Feline

Après avoir analysé un texte issu des "Raisins de la colère" au cours d’anglais, je suis restée sur le souvenir d’un écrivain rébarbatif. Allez savoir pourquoi ? Je ne me souviens même plus du contenu de l’extrait ! Mais cet a priori est resté bien ancré... jusqu’à ce que je débute la lecture de ce livre. Et que je découvre un roman passionnant, qui se lit d’une traite et qu’on ne peut s’empêcher de reprendre en main dès qu’on a un moment libre.

L’histoire est assez simple et ne constitue finalement qu’un prétexte à l’écrivain pour nous offrir une formidable brochette de personnages, dont il développe la psychologie tout en finesse et avec un véritable brio. Une étude psychologique, comme j’en ai peu rencontré au cours de ma (courte) carrière de lectrice. Juan et Alice tiennent une petite station service - restaurant dans le sud de la Californie. En plus de cette activité, Juan assure une liaison en car jusqu’à Los Angeles.

Un jour, une panne contraint les voyageurs à passer la nuit chez le couple. Le lendemain, le car part enfin, mais sera à nouveau immobilisé par des pluies torrentielles. Steinbeck dresse un portrait de chaque personnage, véritables "naufragés" de la vie, et auxquels ce huis clos va faire perdre la tête. Juan, qui rêve de tout abandonner, car et femme, et qui s’en remet à la vierge noire ; Alice qui se soûle pour oublier sa peur de perdre Juan ; Monsieur et madame Pritchard qui font éclater la façade respectable de leur mariage ; leur fille Norma, qui rêve d’une aventure ; et bien d’autres, tous plus attachants et pathétiques les uns que les autres.

Et puis, le car repart, les esprits s’apaisent et la vie reprend son cours...

John Steinbeck avait vraiment une belle plume et savait manier les mots (à moins que ce ne soit une très bonne traduction !?) J’ai beaucoup apprécié la séquence d’anthropomorphisme où une mouche se moque véritablement d’Alice et va se régaler du gâteau à la noix de coco.


  • > Les naufragés de l’autocar  29 juin 2003, par bastet
    exact, steinbeck est tout sauf rébarbatif, et surtout en anglais - je n’ai toujours pas lu les célèbres "raisins de la colère", par contre je recommande chaudement "east of eden"
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  • > Les naufragés de l’autocar  28 juin 2003, par Dadoo

    Quelle drôle d’idée de trouver Steinbeck rébarbatif. Ces romans sont au contraire passionnants et virevoltants. Il décrit ses personnages avec une tendresse touchante et réussit à nous les faire aimer à chaque fois.

    Pour ma part je garde un souvenir ému des soirées passées à lire les Raisins de la Colère dans ma chambre d’internat et je vous recommande vivement de le relire en dehors du contexte d’un cours d’anglais...


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