Les amoureux de l’Hôtel de Ville de Philippe Delerm

Les amoureux de l’Hôtel de Ville

Le dimanche 22 août 2004 par Mario_Heimburger

Connaissant sa première période de chômage, François, ancien libraire et amoureux des livres tombe dans une introspection provoquée par une photo de Doisneau. "Les amoureux de l’hôtel de ville", ce sont ses parents, ou c’est du moins ce que prétendait faussement son père. A partir de cette photo, François suit le fil de ses souvenirs, retrouvant un père acteur aux rêves trop grands, et sa mère, silencieuse, à la vie trop étroite. De ses souvenirs d’enfance jusqu’à la mort de sa mère, le narrateur suivra le chemin inexorable qui mène l’écrivain jusqu’à son livre.

Avec une lenteur certaine, Delerm egrène des souvenirs dont la douleur évoque le doux pincement de la nostalgie, dans un univers en noir et blanc et en gris qui évoque les années cinquante. Les mots langoureux, les phrases humides et tristes, amènent le lecteur à replonger dans un monde figé que l’animation fait voler en éclat. La photo et la méditation, l’image résiduelle, l’idéalisation et les désillusions sont au centre du réçit, la recherche d’un homme qui tente de comprendre ses racines.

On ressort de ce livre un peu triste mais aussi un peu rêveur. Car regarder en arrière, c’est voir quelque chose de défini, de stable, et d’établi. La fuite en arrière du narrateur exprime bien cet envie de repli que l’on éprouve face à l’incertain du présent et le noir complet de l’avenir. Le passé est un exhutoire, un refuge, lorsque la vie devient hostile. Car les souvenirs enfouis, si certains se révèlent douloureux, aident à se construire un futur.

Un petit extrait : « J’avais toujours été un peu en lui, beaucoup en elle - entre les deux surtout, dans le désir chaque jour plus difficile de voir s’évanouir l’intervalle qui les séparait. Dans l’album, ils n’étaient presque jamais ensembles. (...) La vraie vedette, c’était moi. Beaucoup trop. Derrière cette manie qu’ils avaient de me prendre sous toutes les coutures (...) perçait une demande insupportable. J’étais le grand recours ; je devais effacer toutes les choses qu’ils avaient ratées ensemble. (...) Mais en tournant les pages, j’avais envie de leur crier : ne vous occupez pas de moi, oubliez moi, allez marcher un peu ensemble. »


  • Simple mais un peu court  2 décembre 2011, par antihuman
    Avec la première gorgée... il est vrai que Delerm a bluffé énormément de monde cependant son style tellement daté et bourgeois qu’on imagine surtout l’ensemble dans une pub Lotus ou essentiellement dans un album de Robert Doisneau... Un naturalisme pour bobo éclairé, dans lequel il ne se passe rien ou pas grand chose d’ailleurs !! Je n’ai pas aimé.
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  • > Les amoureux de l’Hôtel de Ville  11 octobre 2005, par Dadoo
    J’ai eu un peu de mal à rentrer dans ce livre, comme si la madeleine de l’auteur était vraiment trop éloignée de mon univers. Autant j’avais aimé la première gorgée de bière, autant ici le récit tout en légèreté de Delerm m’a laissé assez froid...
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