Les amants du Spoutnik de Haruki Murakami

Triangle amoureux sur fond de surnaturel

Les amants du Spoutnik

Le dimanche 9 janvier 2005 par Feline

Haruki Murakami renoue une fois encore avec son thème de prédilection : l’amour impossible ou non partagé. Dans « Les amants du spoutnik », il met en scène un jeune homme K., assez effacé et peu confiant en lui-même, qui dévore les livres et est finalement un être solitaire. On peut se demander si l’écrivain ne se met pas lui-même en scène au travers de ses narrateurs. Mais comme dans d’autres romans du même auteur, ce jeune homme se fait éclipser par les personnages féminins.

Le simple fait qu’on ne le connaisse que par cette simple lettre, K., et non par un prénom, le rend encore plus insignifiant et diminue l’importance de son rôle au sein du récit

K. est profondément amoureux de Sumire, une jeune fille fantasque, qui vit dans une réalité imaginaire, peuplée de mots qu’elle cherche à tout prix à mettre en forme, persuadée qu’elle deviendra écrivain. Sumire est très proche de K., elle lui téléphone au beau milieu de la nuit rien que pour entendre sa voix, passe de longues heures chez lui, sans se douter de la passion qu’elle déclenche chez son ami, car pour elle K. n’est bien qu’un ami.

Lors du mariage d’une de ses cousines, elle rencontre Miu, une femme d’affaire d’une quarantaine d’année, qui cache un douloureux passé. Elle tombe sous le charme et devient la victime d’un amour ravageur pour elle. Miu, mariée et inconsciente de son effet sur la jeune fille, la prend en amitié et lui propose de travailler ensemble. Sumire s’attache de plus en plus à elle, au grand dam de K. qui assiste impuissant aux événements qui mèneront Sumire au bord du précipice. Les jours s’écoulent, transformant Sumire en une magnifique femme. Jusqu’à ce coup de fil fatal : Miu lui apprend que Sumire a disparu sur une île grecque où elles passaient leurs vacances, qu’elle s’est « évaporée comme de la fumée ».

K. saute dans le premier avion pour un voyage qui prendra vite des allures surnaturelles.

Je suis très attachée à l’œuvre de Haruki Murakami. Mais je dois avouer que ce roman-ci m’a déçu. Non pas qu’il ne soit pas bon, on y retrouve la poésie et l’écriture pure caractéristique de l’écrivain, mais je l’ai trouvé moins attachant et d’une qualité inférieure à « La ballade de l’impossible » et « Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil », entre autres. C’est le problème avec les écrivains qui, avec de vrais chef d’œuvres, mettent la barre de nos attentes si hautes. Les personnages m’ont semblé moins profonds et moins attachants. Il n’en demeure pas moins un excellent roman !