Les Morts ont des oreilles de Jean Falize

Les Morts ont des oreilles

Le mercredi 27 juin 2007 par Sheherazade

Le commissaire Lantier vient de s’installer à St-Remacle-la-Tour, minuscule patelin où la vie s’écoule sans réel problème. Du moins c’est ce qu’il pensait.

Monsieur Leroy-Coutellier n’ayant jamais aimé sa moitié, mais plutôt la fortune phénoménale qu’elle représente, a décidé de se la jouer « à l’américaine », un genre des plus à la mode dans les années d’après-guerre. Au cours d’un voyage aux U.S.A., il a rencontré deux gangsters prétendant pouvoir exécuter le crime parfait. Il a donc l’intention de faire appel à eux et les fait venir en Belgique afin de concocter un accident de voiture bien net, afin de se débarrasser de la mère de sa fille qui se trouve entre sa fortune et lui.

Le problème c’est que Véronique Leroy-Coutellier a une mère qui détient toutes les parts des sociétés qu’il gère et que c’est la fille des époux Leroy-Coutellier, l’adolescente Marie-Abeille qui en est l’unique héritière. Mais un problème à la fois ! Après tout sa belle-mère est assez portée sur le gin et autres boissons éthyliques et un accident à cet âge-là est bien vite arrivé n’est-ce-pas ?

Afin d’attirer l’attention sur la manière stupidement rapide de conduire une voiture de sport de sa si « chère » moitié, l’homme d’affaires a convié Lantier à dîner. A la surprise générale évidemment, c’est à dire de la très snob Véronique Leroy-Coutellier, de la fortunée et imbibée ancêtre et de Marie-Abeille, l’adolescente délurée à la langue bien pendue, aux manières exaspérant ses parents et détestant ses géniteurs. Les seuls êtres qu’elle aime sont sa Mémé et le chat Camille.

Le problème c’est que Marie-Abeille a eu vent des projets paternels, aussi presque par jeu, fait-elle à son tour une proposition alléchante aux gangsters pour que l’accident inclut aussi son paternel. Le commissaire - qui est tout de même plus fûté que ce que son supérieur suppose et ce que suppute Leroy-Coutellier (qui le prend pour un crétin intégral) - parviendra-t-il à sauver la belle Véronique ?

En décembre 1962, le journaliste-écrivain Jean Falize fit un pari avec les Editions Marabout, à savoir qu’il écrirait un polar en un temps record et ce livre devrait être simultanément imprimé et paraître dix jours plus tard. Pari impossible, non pas ! puisque le résultat fut ce ludique «  Les Morts ont des oreilles  », aux confins de la parodie du genre de l’époque, c’est à dire un commissaire bon enfant à la manière de Maigret et des gangsters à la Lemmy Caution.

Parallèlement au récit de l’auteur, le lecteur parcourt le journal intime de Marie-Abeille, un journal bien dans le ton d’une adolescente agacée par les adultes et leurs travers.

J’ai retrouvé ce petit polar en mettant de l’ordre, je l’ai relu en une soirée et me suis une fois encore beaucoup amusée.


  • TRES ACTUEL !..  2 décembre 2011, par antihuman
    Un polar formidable dont on ne dévoilera rien (il s’agit d’une sorte de complot), avec à l’intérieur pas mal d’intrigues externes mais aussi essentielles et aussi...de l’humour. Sans commentaires.
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