Les Figures de Robert Alexis

Les Figures

Le lundi 15 novembre 2010 par Le fil d’archal

L’amour ne serait-il qu’aliéné aux tortures ? Pour ne pas dire conditionné à la torture : celle du corps ; l’âme rivée au corps est-elle prisonnière ? Ici la sexualité est dominante, la femme est soumise de force, et forcée. Tribut de sa curiosité. « Barbe bleue » n’est pas loin.

Celui revisité par le compositeur Bartok. La psychanalyse est sous-jacente. Elle éclosera plus tard sous la férule puritaine du 19éme siècle ; mais nous n’en sommes qu’à l’obscurantisme, à la peur de la Bête. Le Gévaudan... est là ! Le chaos des origines guère loin. Les mœurs sont imprégnées de violence, de terreur.

Dans l’assemblage de ces « Figures » il y a une descente aux enfers. Et l’auteur est un Diable endurci. La maîtrise est maîtresse en ce livre, et si c’est là, un jeu facile, les jeux du roman sont des plus terrifiants.. Oh ! Il faut découvrir cette aventure et n’en rien dévoiler... Splendide lyrisme, la nature inspire plus d’humanisme que l’humain semble-t-il ! Devenir, ou redevenir une bête ? Retrouver l’identité première ?

Sans doute l’auteur cherche t-il en habile faiseur philosophe, de quoi piquer la bête qui sommeille dans ses supposés lecteurs ou lectrices. La Bête est belle mais condamnée sous sa plume. Malédiction de la nature de l’homme qui refuse de voir le vrai visage de la bête. Trop « humaine » peut-être... pour apparaître belle à des regards déformés par un stéréotype sociétaire. Alors, ce que l’auteur dénonce est-ce l’intolérance de l’ensemble d’une société castratrice ?

Tour à tour « les Figures » alternent. La descente en spirale s’accomplit au fur et à mesure des lectures proposées.