Lemon Meringue Pie Murder de Joanna Fluke

A Hannah Swensen Mystery

Lemon Meringue Pie Murder

Le dimanche 7 novembre 2004 par Sheherazade

Hannah Swensen a quelques problèmes en cette journée d’été : d’abord, Norman, l’un de ses soupirants, a acquis la propriété de Rhonda Scharf, comptant y bâtir la maison de leurs rêves (un jeu auquel ils s’amusaient quand ils étaient enfants) ; il n’en faut pas plus dans un patelin comme Lake Eden, Minnesota, pour que tout le monde soit au courant. Comment à présent faire taire sa mêle-tout de mère qui n’a qu’un but dans la vie : marier ses filles ?

L’autre problème est encore pire : elle ne parvient pas à enfiler le très joli pantalon acheté récemment, ce qui signifierait qu’elle a pris du poids, qu’il lui faut donc entamer un régime. Facile quand on est pâtissière de génie, patronne du Cookie Jar, célèbre pour ses délicieux gâteaux et cookies originaux !

Avouez que c’est plutôt pénible comme début de journée et cela ne la met pas vraiment de très bonne humeur. Heureusement (si l’on peut dire) un nouvel événement surgit, qui va changer les idées de tout le monde : alors qu’ils se rendent sur la propriété nouvellement acquise pour la vider, la mère d’Hannah tombe sur le cadavre à moitié calciné de l’ex-propriétaire ! Ça, ça vous refroidit un coup !

Au commissariat, Mike Kingston (l’autre chevalier servant, en pleine crise de jalousie) ainsi que Bill, son beau-frère, interdisent formellement à Hannah de se mêler de résoudre ce meurtre. Dans Lake Eden, leur image de marque en tant que détectives est un peu ternie par l’aide qu’Hannah leur a apporté jusqu’à présent. Ils veulent résoudre ce crime eux-mêmes, o­n a sa fierté quand même !

Hannah jure tout ce que l’on veut, surtout que sa soeur cadette, vient passer les vacances en famille. Au moins, leur mère pourra-t-elle tenter de la caser, elle, au lieu de tenter de caser l’aînée en distillant ses petits propos qui tuent, du style "il est plus que temps, à ton âge !".

C’est compter sans la troisième soeur, Andréa, agent immobilier et épouse de Bill, qui estime qu’un crime dans une propriété qu’elle a vendu est une attaque personnelle ! Donc, Hannah n’a qu’à se débrouiller entre 2 recettes de cookies pour résoudre cette affaire.

Mais qui ? Les pistes sont faibles ; il y a bien Jed, l’homme à tout faire du patelin, et son cousin, gentil garçon légèrement attardé, qui avaient eu à faire avec Rhonda. Les filles apprennent que la morte se délectait à colporter des ragots. Peut-être avait-elle un amant secret, probablement un homme marié. Alors, crime de jalousie ou d’une personne à qui Rhonda aurait nui en se mêlant de ses affaires ? Et comment se fait-il que soudain réapparaissent à Lake Eden des billets de banque d’un hold-up commis plusieurs années auparavant et dont les coupables sont en prison ? Comment la morte pouvait-elle s’offrir un aller-simple en Europe avant d’avoir vendu sa propriété ? Beaucoup de questions à résoudre par les soeurs Swensen, avant le célèbre 4 juillet et le défilé de la ville.

Voilà un petit bouquin très gai, qui m’a beaucoup détendue ; je me suis surprise à rire très souvent aux échanges entre mère et filles. La complicité entre Hannah et ses soeurs, face à leur marieuse impénitente de mère, jamais à court de remarques légèrement désobligeantes sur leurs tenues vestimentaires ou leur âge, est réellement très sympathique. La seule soeur qui trouve grâce aux yeux de la mère est Andrea, mariée et mère de famille, seulement elle travaille, ce qui est un énorme bémol pour la maman !

Bref, une mère comme nous en connaissons toutes : toujours à se mêler de tout, à tout régler pour tout le monde, jamais contente. Mais heureusement ses filles ne se laissent pas faire !

Comme tous les autres polars de Joanna Fluke, ce livre est truffé de recettes de cookies ou petits gâteaux ; c’est dur quand, depuis 30 ans comme moi, o­n doit surveiller sa ligne ! C’est dire si j’ai eu pitié d’Hannah dans cette aventure où elle lutte contre ce qu’elle croit âtre un excès pondéral. Le seul côté agaçant dans ces histoires est la valse hésitation entre les soupirants !